𩹠Article L 912 1 Du Code De L Ăducation
sociaux dans le respect des dispositions de l'article L. 912-1 du code de la sécurité sociale, dans un délai maximum de 5 ans à compter de la date d'effet du présent accord. à cette fin, les parties signataires se réuniront au plus tard 6 mois avant l'échéance du délai de 5 ans à compter de la date d'effet du présent accord.
LaFrance compte 1567 cas confirmés de variole du singe, selon le dernier bilan de Santé publique France, établi jeudi, contre 912 une semaine auparavant. L'Inter-LGBT « s'insurge » lundi 25
BaumannAvocats Droit informatique. La loi n°2002-305 du 4 mars 2002 a remaniĂ© l'article 371-1 du Code civil en disposant que "L'autoritĂ© parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalitĂ© l'intĂ©rĂȘt de l'enfant". Elle appartient au pĂšre et Ă la mĂšre jusqu'Ă la majoritĂ© ou l' Ă©mancipation de l'enfant pour le p
Lapublication de ce guide, aprĂšs celui destinĂ© aux chefs dâĂ©tablisssements du moyen et du secondaire, rĂ©pond Ă la prĂ©occupation du MinistĂšre de lâĂ©ducation dâasseoir la formation continuĂ©e de ses agents. En sâintĂ©ressant Ă la carriĂšre de lâenseignant, ce guide pratique met aussi lâaccent sur les problĂšmes liĂ©s aux
Encas de changement dâorganisme assureur, conformĂ©ment Ă l'article L. 912-3 du code de la SĂ©curitĂ© sociale, les rentes en cours de service Ă la date de changement d'organisme assureur (y compris les prestations dĂ©cĂšs prenant la forme de rente), continueront Ă ĂȘtre revalorisĂ©es.
ArticleL. 912-1-1 : La libertĂ© pĂ©dagogique de lâenseignant sâexerce dans le cadre des programmes et des instructions du ministre de lâĂ©ducation nationale avec lâaide du directeur dâĂ©cole ou du chef dâĂ©tablissement, avec le conseil et
Flaubert La 1 re Ăducation sentimentale, 1845, p. 208. b) Ă sens passif: 6. Et ces mots mĂȘmes que j'emploie, il me semble qu'en voulant dĂ©crire ce qui ne peut se dĂ©crire, ne font pas autre chose que brouiller mes souvenirs. Mais non, pourtant. Green, Journal, 1941, p. 102. â Emploi abs. Je dĂ©crirai, je ferai des choses vues et puis des couplets de musique (BarrĂšs, Cahiers,t.
Deplus, un dĂ©cret plus rĂ©cent, le DĂ©cret exĂ©cutif no 274 du 31 aoĂ»t 2007, a permis de crĂ©er au ministĂšre de l'Ăducation la Direction nationale de l'Ă©ducation interculturelle bilingue, laquelle est responsable de la planification, de la programmation et de la coordination de toutes les activitĂ©s reliĂ©es Ă la mise en Ćuvre de l'Ă©ducation interculturelle bilingue. Selon l'article 2
RĂ©unionsavec les parents : Article L111-4 du code de l'Ă©ducation et Circulaire 2006-137 - BO N°31 du 30 aoĂ»t 2006. Extrait de la circulaire : "Le conseil des maĂźtres prĂ©sidĂ© par le directeur dâĂ©cole dans le premier degrĂ©, le chef dâĂ©tablissement dans le second degrĂ© sont Ă©galement dĂ©sormais tenus dâorganiser au moins deux fois par an et par classe une rencontre
Ilstravaillent au sein d'Ă©quipes pĂ©dagogiques ; celles-ci sont constituĂ©es des enseignants ayant en charge les mĂȘmes classes ou groupes d'Ă©lĂšves ou exerçant dans le mĂȘme champ disciplinaire et des personnels spĂ©cialisĂ©s, notamment les psychologues scolaires dans les Ă©coles. Les personnels d'Ă©ducation y sont associĂ©s.
Dansun premier temps, nous vous conseillons de lancer l'Invite de commandes en mode administrateur en effectuant un clic-droit sur le menu Démarrer, puis d'entrer les commandes suivantes en appuyant sur Entrée entre chacune d'elles (chacune d'elle lance un processus qui peut prendre un peu de temps, laissez-les se finir) : Nous attendons
CODELATIN CIC / 1983. CODE ORIENTAL CCEO / 1990. CODE ABROGà CIC / 1917. Code de Droit Canonique Codex Iuris Canonicis. Télécharger le droit canonique dans son intégralité (en PDF) à Close Export PDF. Texte en : Français et Latin Français Latin Télécharger le pdf. Recherche un numéro de canon. Livre I : Normes générales (1-203) Liber I : De normis
Uneaventure dans 10 pays sur 10 droits des enfants ! Ces 10 documentaires compilés en 1 coffret DVD, sont accompagnés d'un dossier pédagogique téléchargeable. DVD 1 : Amérique du Sud et Asie. - Pérou (exploitation) - Haïti (vie et développement) - Equateur (vie en famille) - Laos (protection) DVD 2 : Afrique.
Livre9 : De la formation professionnelle continue dans le cadre de l'éducation permanente Mise à jour au 31 décembre 2006 . Titre Préliminaire Article R. 900-1 du Code du travail (Décret n° 92-1075 du 2 octobre 1992, article 1er) Un bilan de compétences, au sens de l'article L. 900-2 doit comprendre, sous la conduite du prestataire, les trois phases suivantes : a) Une phase
Dansle cadre gĂ©nĂ©ral dĂ©fini par lâarticle L. 912-1 du code de lâĂ©ducation, le dĂ©cret reconnaĂźt lâensemble des missions liĂ©es au service dâenseignement dont elles sont le prolongement. RelĂšvent ainsi pleinement du service des personnels enseignants rĂ©gis par ces dispositions, sans faire lâobjet dâune rĂ©munĂ©ration spĂ©cifique supplĂ©mentaire autre que lâindemnitĂ© de
fnpgYUt. PubliĂ© le 25/07/2022 Ă 1230, Mis Ă jour le 25/07/2022 Ă 1600 L'Union europĂ©enne a approuvĂ© l'utilisation du vaccin danois Bavarian Nordic contre la variole du singe. EDUARDO MUNOZ / REUTERS La France compte 1567 cas confirmĂ©s de variole du singe, selon le dernier bilan de SantĂ© publique France, Ă©tabli jeudi, contre 912 une semaine auparavant. L'Inter-LGBT s'insurge» lundi 25 juillet face Ă l'inaction, le manque de prĂ©paration et de transparence du gouvernement» concernant l'Ă©pidĂ©mie de variole du singe, Ă©voquant des difficultĂ©s Ă prendre rendez-vous» pour une vaccination et des livraisons de doses insuffisantes».Ă VOIR AUSSI - Variole du singe l'OMS dĂ©clenche son plus haut niveau d'alerteCette Ă©pidĂ©mie touche trĂšs majoritairement plus de 9 cas sur 10 des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes HSH. Pour certaines d'entre nous, la nouvelle a fait ressurgir le traumatisme des annĂ©es sida», a observĂ© Inter-LGBT dans un communiquĂ©. L'Interassociative lesbienne, gay, bi et trans, qui fĂ©dĂšre une soixantaine d'associations, souhaite donc une prĂ©vention accrue, factuelle et non jugeante, auprĂšs des personnes exposĂ©es, alors que trop de retard a Ă©tĂ© pris par frilositĂ©, laissant l'Ă©pidĂ©mie courir». Elle rappelle le droit Ă chacune de vivre sa sexualitĂ© pleinement avec le nombre de partenaires qu'ils ou elles souhaitent, tout en prenant en compte la rĂ©alitĂ© de l'Ă©pidĂ©mie».Ă lire aussiMonkeypox pourquoi compte-t-on les cas de variole du singe comme on le faisait pour les cas de Covid-19 ?L'Inter-LGBT rĂ©clame la levĂ©e du secret-dĂ©fense sur les vaccins de 3Ăšme gĂ©nĂ©ration de la variole et le volume des commandes et mises Ă disposition dans les centres de vaccination Ă l'Ă©chelle nationale». L'Inter-LGBT constate par de nombreuses remontĂ©es les difficultĂ©s Ă prendre rendez-vous» pour une vaccination, relevant notamment des livraisons de doses de vaccin insuffisantes, circuits d'approvisionnement dĂ©sorganisĂ©s, lieux de vaccination insuffisants, crĂ©neaux indisponibles sur Doctolib».Ă VOIR AUSSI - Les pires douleurs de ma vie» un New-Yorkais raconte son expĂ©rience de la variole du singeLa France compte 1567 cas confirmĂ©s, selon le dernier bilan de SantĂ© publique France, Ă©tabli jeudi, contre 912 une semaine auparavant. Le gouvernement a annoncĂ© le 8 juillet l'Ă©largissement de la vaccination aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples», aux personnes en situation de prostitution» et aux professionnels des lieux de consommation sexuelle». L'association AIDES de lutte contre le VIH avait rĂ©clamĂ© jeudi dernier le dĂ©ploiement par l'Ătat d'une campagne de vaccination ''coup de poing'', s'appuyant sur les professionnels-les de santĂ© libĂ©raux volontaires» en particulier implantĂ©s sur les lieux de villĂ©giature».Ă VOIR AUSSI - Variole du singe va-t-on tous devoir se faire vacciner ?
En droit français, vous ne pouvez pas dĂ©shĂ©riter votre enfant au sens strict du terme car il est protĂ©gĂ© par le mĂ©canisme de la rĂ©serve hĂ©rĂ©ditaire. Il est en revanche possible dâamĂ©nager la part qui lui sera dĂ©volue dans certaines limites. Quâest-ce que la rĂ©serve hĂ©rĂ©ditaire ?C'est une part de vos biens et de vos droits successoraux dont la loi garantit la transmission Ă votre enfant. Cette part reprĂ©sente 1/2 des biens et des droits successoraux en prĂ©sence dâun seul enfant, 2/3 en prĂ©sence de 2 enfants,3/4 en prĂ©sence de 3 enfants ou plus,Au delĂ de 3 enfants, ils se partageront entre eux les 3/4 du patrimoine du vous ne pouvez pas disposer de la rĂ©serve, vous pouvez par contre disposer de la quotitĂ© disponible comme vous lâ que la quotitĂ© disponible ?Câest la part qui nâest pas rĂ©servĂ©e par la loi. Vous pouvez en disposer comme vous lâentendez par le biais de libĂ©ralitĂ©s donations ou par le biais dâun testament legs. Si vous nâavez quâun seul enfant, celui-ci recevra donc au minimum la moitiĂ© des vos biens et de vos droits. Si vous avez deux enfants et que vous souhaitez en avantager un, vous pouvez disposer dâ1/3 de votre patrimoine et le lui transmettre. Il recevra ainsi 2/3 de votre patrimoine tandis que lâautre enfant nâen recevra plus quâ1/3. Un enfant peut-il perdre sa qualitĂ© dâhĂ©ritier ?Oui, un enfant peut perdre sa qualitĂ© dâhĂ©ritier et donc ĂȘtre exclu de la succession de maniĂšre automatique s'il est dĂ©clarĂ© indigne, câest-Ă -dire si il est condamnĂ© Ă une peine criminelle pour avoir donnĂ© ou tentĂ© de donner la mort au dĂ©funt il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă une peine criminelle pour avoir volontairement portĂ© des coups ou commis des violences ou voies de fait ayant entraĂźnĂ© la mort du dĂ©funt sans intention de la plus, il peut ĂȘtre exclu de la succession par une demande prononcĂ©e devant le tribunal judiciaire par un autre hĂ©ritier ou par le ministĂšre public sâil est condamnĂ© pour les mĂȘmes faits que prĂ©cĂ©demment Ă une peine correctionnelle cette foissâil a Ă©tĂ© condamnĂ© pour un tĂ©moignage mensonger portĂ© contre le dĂ©funt dans un procĂšs criminel sâil s'est abstenu dâempĂȘcher soit un crime ou un dĂ©lit contre lâintĂ©gritĂ© corporelle du dĂ©funt dâoĂč il est rĂ©sultĂ© la mort alors quâil pouvait le faire sans risque sâil est condamnĂ© pour une dĂ©nonciation calomnieuse contre le dĂ©funt oĂč une peine criminelle Ă©tait en alors en jeu. Quand demander cette dĂ©claration d'indignitĂ© ?dans les six mois du dĂ©cĂšs, si la dĂ©cision de condamnation ou de dĂ©claration de culpabilitĂ© est antĂ©rieure au dĂ©cĂšs, dans les six mois de la dĂ©cision de condamnation, si elle est postĂ©rieure au hĂ©ritier dĂ©clarĂ© indigne peut-il ĂȘtre rĂ©intĂ©grĂ© dans la succession ?Oui. A la suite de ce genre de faits, le dĂ©funt peut, en connaissance de cause, avoir prĂ©cisĂ© de son vivant par une dĂ©claration expresse de forme testamentaire qu'il entendait maintenir l'hĂ©ritier dĂ©clarĂ© indigne dans ses droits hĂ©rĂ©ditaires. Est-il possible de sortir certains biens de l'actif successoral ?Oui. Vous avez la possibilitĂ© de dĂ©signer un tiers bĂ©nĂ©ficiaire dâune assurance-vie afin dâexclure les sommes correspondant aux primes de lâactif successoral lâassurance-vie ne rentre pas dans lâactif successoral dĂšs lors que le montant de la prime versĂ©e nâest pas exagĂ©rĂ©. Le vente dâun bien immobilier par le biais dâune vente en viager permet aussi de faire sortir un bien de lâactif le choix du rĂ©gime de la communautĂ© universelle peut permettre de dĂ©savantager au moins temporairement ses enfants en prĂ©voyant par exemple une clause dâattribution intĂ©grale au conjoint juridiquesArticles 726 et suivants du Code civil. Article 727-1 du Code civil. Article 728 du Code Civil. Articles 912 et suivants du Code civil. Article L132-13 du Code des civ., 2e, 6 octobre 2011, n° du pourvoi par Allianz PJ le 10/02/2017 - DerniĂšre modification le 29/07/2022
1. Introduction 1LâĂ©tude empirique que nous prĂ©sentons ici sâinscrit en marge dâun programme de recherche-action que nous conduisons depuis 2019 dans le cadre dâun appel Ă projet de la Fondation Internationale de recherche AppliquĂ©e sur le handicap FIRAH, associĂ©e au Groupe Agrica, Ă Laser Emploi et Ă Solidel sur la thĂ©matique gĂ©nĂ©rale Handicap et milieu rural ». IntitulĂ©e Outiller les acteurs des territoires pour vivre, travailler et choisir dâĂ©voluer avec un handicap en milieu rural », et conduite en partenariat avec plusieurs Ătablissements et Services dâAide par le Travail ESAT de la rĂ©gion Auvergne-RhĂŽne-Alpes accueillant des travailleurs ayant obtenu la Reconnaissance de la qualitĂ© de travailleur handicapeÌ RQTH, cette recherche-action a pour objet dâinterroger le rĂŽle de lâancrage territorial de ces Ă©tablissements et des innovations locales mises en oeuvre pour favoriser le libre choix dâune activitĂ© professionnelle pour les personnes concernĂ©es rĂ©sidant en milieu rural. Lâobjectif de ces structures mĂ©dico-sociales est en effet, dans le respect des droits et du projet de vie de la personne, de permettre Ă ces travailleurs dâexercer une activitĂ© professionnelle en milieu dit protĂ©gĂ© » tout en leur proposant un accompagnement mĂ©dico-social individualisĂ© et adaptĂ© Paul, 2002 ; Fourdrignier, 2012. 2La crise sanitaire mondiale engendrĂ©e par la pandĂ©mie liĂ©e Ă la Covid-19, qui a impliquĂ© dans de nombreux pays une pĂ©riode dâinterdiction de dĂ©placement, communĂ©ment appelĂ©e confinement », a naturellement mis notre recherche-action Ă lâarrĂȘt pour plusieurs mois. En France, la pĂ©riode de restriction de la libertĂ© de circuler, qui sâest Ă©tendue du 17 mars 2020 au 11 mai 2020, a eu pour objectif dâempĂȘcher la propagation du virus au mĂȘme titre que lâapplication des gestes barriĂšres » port du masque, distanciation physique. Seuls les dĂ©placements relevant du strict nĂ©cessaire Ă©taient autorisĂ©s durant ce confinement courses alimentaires, soins, travail si le tĂ©lĂ©travail Ă©tait impossible, sortie Ă proximitĂ© du domicile activitĂ© sportive individuelle. 3Dans lâobjectif de maintenir le lien avec nos partenaires et de documenter la situation exceptionnelle Ă laquelle ils devaient faire face, nous avons rĂ©alisĂ© entre juin et juillet 2020 des entretiens Ă distance tĂ©lĂ©phoniques ou en visioconfĂ©rence avec les responsables de plusieurs Ă©tablissements de la rĂ©gion Auvergne-RhĂŽne-Alpes. En agissant aussi bien sur la logique sociale que commerciale, le confinement avait affectĂ© doublement les ESAT et les personnes qui y sont accompagnĂ©es. Aussi souhaitions-nous connaĂźtre dâune part, comment les ESAT avaient pu sâorganiser pour assurer a minima leur mission de soutien mĂ©dico-social Ă destination de leurs travailleurs et, dâautre part, sous lâangle Ă©conomique, comment ils avaient gĂ©rĂ© lâarrĂȘt ou la rĂ©duction de leurs activitĂ©s de production, arrĂȘt qui pouvait mettre en pĂ©ril leur Ă©quilibre budgĂ©taire malgrĂ© les soutiens financiers de lâĂtat. Concernant la dimension Ă©conomique de la question, ces circonstances exceptionnelles nous donnaient aussi lâoccasion dâobserver lâadaptation des ESAT Ă la crise au prisme du rĂŽle du territoire et de la proximitĂ©. 4Depuis le tournant Ă©pistĂ©mologique des annĂ©es 1970, les gĂ©ographes dissocient lâespace du territoire, frĂ©quemment dĂ©fini comme un espace appropriĂ© », avec la conscience de son appropriation Brunet et ThĂ©ry, 2001 ; LĂ©vy et Lussault, 2003. Ainsi le territoire serait Ă lâespace ce que la conscience de classe est Ă la classe » Ă©noncent Roger Brunet et HervĂ© ThĂ©ry 2001, p. 480. Le territoire nâest donc pas un espace neutre. Câest un espace socialisĂ©, dĂ©fini par Bernard Debarbieux comme un agencement de ressources matĂ©rielles et symboliques capable de structurer les conditions pratiques de lâexistence dâun individu ou dâun collectif social et dâinformer en retour cet individu et ce collectif sur sa propre identitĂ© » Debarbieux, 2003, p. 910. Le territoire est un espace de proximitĂ© au sein duquel sâexpriment les solidaritĂ©s locales. DĂ©couvrant en effet que pourtant ça marche ! » Torre et al, 1992, le concept de proximitĂ©, associĂ© Ă la rĂ©flexion sur les districts industriels milieux innovateurs, systĂšmes productifs localisĂ©s, selon les terminologies sâest dĂ©veloppĂ© Ă partir des annĂ©es 1990 parmi les chercheurs sâintĂ©ressant Ă la gĂ©ographie Ă©conomique et Ă lâĂ©conomie territoriale Sierra, 1997 ; Gilly et Torre, 2000 ; Torre et Rallet, 2005 ; Carluer, 2006 ; Colletis et Pecqueur, 2018 ; etc.. Certes, la proximitĂ© ne se rĂ©duit pas Ă une dimension spatiale dâautres formes de proximitĂ© peuvent ĂȘtre prises en compte telles que, par exemple, la proximitĂ© institutionnelle Gilly et Pecqueur, 2000 ou la proximitĂ© organisationnelle selon des logiques de similitudes ou dâappartenances » Gilly et Torre, 2000 12, sachant que ces divers types de proximitĂ© peuvent sâarticuler Ă lâĂ©chelle du territoire Ă la construction duquel ils participent Mendez et Mercier, 2005. Par ailleurs, mĂȘme si le rĂŽle de la proximitĂ© gĂ©ographique dans lâapparition et le dĂ©veloppement de lâinnovation a pu ĂȘtre, au fil des Ă©tudes de cas, critiquĂ© et nuancĂ© Boschma, 2005a et 2005b, il est en gĂ©nĂ©ral reconnu quâelle facilite lâĂ©change entre les acteurs Ă lâĂ©chelle dâun espace restreint le territoire, gĂ©nĂ©rant des rĂ©seaux de solidaritĂ© locales, des relations de confiance et de rĂ©ciprocitĂ© Courlet,1989, ce que Maillat nommait le capital relationnel » Maillat, 1995, p. 222. 5Lâobjectif gĂ©nĂ©ral de la recherche-action prĂ©-citĂ©e visait Ă mesurer si lâancrage territorial des ESAT, le tissu de relations tissĂ© avec les autres acteurs du territoire habitants, Ă©lus, employeurs, clients, facilite lâinsertion sociale et professionnelle des travailleurs en situation de handicap. Dans le cas prĂ©sent, nous nous demandons a contrario dans quelle mesure les relations de proximitĂ©, lâexpression de la solidaritĂ© territoriale ont pu permettre aux ESAT de faire face aux difficultĂ©s Ă©conomiques gĂ©nĂ©rĂ©es par la rĂ©traction des activitĂ©s et si lâon observe des diffĂ©rences selon le type de territoires urbains et ruraux. 6AprĂšs avoir prĂ©sentĂ©, dans une premiĂšre partie, dans un objectif de contextualisation, la progressive mise en place du travail protĂ©gĂ© et des ESAT en France, ainsi que les enjeux de leur double mission, mĂ©dico-sociale et Ă©conomique, nous prĂ©senterons dans un deuxiĂšme temps la mĂ©thodologie et les caractĂ©ristiques des Ă©tablissements enquĂȘtĂ©s, avant dâexposer, dans une troisiĂšme partie, les rĂ©sultats de cette Ă©tude empirique. Ils concernent dâune part les consĂ©quences de la crise sanitaire sur le fonctionnement mĂ©dico-social de ces Ă©tablissements, dâautre part lâimpact du confinement sur leurs activitĂ©s Ă©conomiques en interrogeant lâimportance du facteur territorial et de la proximitĂ© dans leur adaptation au contexte exceptionnel auquel ils ont Ă©tĂ© confrontĂ©s. 2. Les Ătablissements et Services dâAide par le Travail ESAT une logique mĂ©dico-sociale associĂ©e Ă des enjeux Ă©conomiques La progressive mise en place du travail protĂ©gĂ© en France 1 Journal officiel de la RĂ©publique française. Lois et dĂ©crets, n° 0273 du 24/11/1957 7Câest Ă la suite de la Seconde Guerre mondiale quâont Ă©tĂ© créés par le secteur associatif principalement des associations de parents, les ancĂȘtres » des actuels ESAT, les Centres dâAide par le Travail CAT dans le but dâaccueillir des travailleurs en situation de handicap. Ces Ă©tablissements se prĂ©sentent comme des entreprises humaines » oĂč les travailleurs exercent une activitĂ© correspondant Ă leurs possibilitĂ©s professionnelles et produisent Ă leur rythme, selon des rĂšgles diffĂ©rentes du monde ordinaire. Des institutions sociales les gĂšrent, le plus souvent des associations » Romien, 2005, p. 244. Si, dans un premier temps, ces initiatives nâont pas Ă©tĂ© reconnues administrativement, les CAT acquiĂšrent un statut lĂ©gal par lâintermĂ©diaire du dĂ©cret n° 23-1186 du 29 novembre 1953, et surtout par la loi n° 57-1223 du 23 novembre 1957 sur le reclassement des travailleurs handicapĂ©s1 qui instaure la terminologie et le concept de travailleur handicapĂ© » et institue formellement le travail protĂ©gĂ©, dans le dispositif lĂ©gal ». Velche, 2011, p 232. Selon cette loi, est alors dĂ©signĂ©e comme travailleur handicapĂ© » toute personne dont les possibilitĂ©s dâacquĂ©rir ou de conserver un emploi sont effectivement rĂ©duites par suite dâune insuffisance ou dâune diminution de ses capacitĂ©s physiques ou mentales » article 1 tandis que le travail proteÌgeÌ concerne depuis lors, dans ce cadre gĂ©nĂ©ral, les personnes ayant moins dâun tiers de la capaciteÌ de travail dâun salarieÌ ordinaire » Bocquet, 2015. 8MĂȘme si les CAT et le travail protĂ©gĂ© acquiĂšrent une reconnaissance au vu de la lĂ©gislation, aucun texte ne statue vĂ©ritablement sur les caractĂ©ristiques et les missions de ce type dâĂ©tablissements. Le 18 dĂ©cembre 1964, une circulaire apporte quelques Ă©lĂ©ments de dĂ©finition qui restent toutefois assez imprĂ©cis ce type dâĂ©tablissements aura de 35 Ă 50 salariĂ©s, accueillera tous types de handicaps, permettra aux personnes handicapĂ©es de travailler selon leurs capacitĂ©s de rendements, favorisera lâencadrement des ateliers par les plus habiles et les plus expĂ©rimentĂ©s, mais les accueillera sans limitation de durĂ©e Ă moins quâils ne puissent atteindre un rythme et un rendement normaux grĂące auquel ils pourraient trouver un emploi extĂ©rieur » Velche, 2011, p 233. La loi de 1957 a Ă©galement fixĂ© les modalitĂ©s dâaccueil des travailleurs en situation de handicap dans un autre type de structure, les Ateliers ProtĂ©gĂ©s AP qui proposaient moins dâactions de soutien relevant du domaine mĂ©dico-social, mais pouvaient reprĂ©senter une alternative de travail pour les personnes ne pouvant accĂ©der au marchĂ© ordinaire de lâemploi. 2 Journal officiel de la RĂ©publique française. Lois et dĂ©crets, n° 0151 du 01/07/1975 9Ă lâissue de la loi de 1957 et de la circulaire de 1964 se sont créées environ 6 000 places en CAT Baret, 2012 ; Velche, 2011. Cependant, les personnes concernĂ©es ne touchaient alors quâun pĂ©cule en rĂ©tribution de leur activitĂ©, pĂ©cule qui ne leur permettait que de sâoffrir quelques paquets de cigarette ou de bonbons. Certains parents de personnes sĂ©vĂšrement handicapĂ©es ont mĂȘme dĂ» payer les personnes encadrant les travailleurs handicapĂ©s dans les premiers CAT [âŠ], car celles-ci nâĂ©taient pas rĂ©munĂ©rĂ©es par lâĂtat, mais par lâactivitĂ© Ă©conomique, souvent insuffisante » Velche, 2011, p 234. Pour pallier ces limites, il a fallu attendre la loi n° 75-534 du 30 juin 1975 dâorientation en faveur des personnes handicapĂ©es »2 qui a accordĂ© au travail protĂ©gĂ© un rĂŽle officiel et prĂ©cis » Velche, 2011, p 235. 3 Journal officiel de la RĂ©publique française. Lois et dĂ©crets, du 3 janvier 2002, 10Face aux critiques rĂ©currentes qui continuaient Ă ĂȘtre adressĂ©es au travail protĂ©gĂ©, comme le fait par exemple de nĂ©gliger un peu trop souvent le traitement individualisĂ© de lâadulte handicapĂ© au profit des exigences globales de productivitĂ© de la structure » Velche, 2011, p 265, la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rĂ©novant lâaction sociale et mĂ©dico-sociale »3 institue enfin un vĂ©ritable droit de lâusager. Insistant sur le projet de vie de la personne, elle met ses choix personnels et professionnels au cĆur du parcours dâaccompagnement en favorisant son autonomie et en stimulant son pouvoir dâaction Callu, 2005 ; Chavaroche, 2014. Alors quâauparavant le projet dâaccompagnement de chaque personne Ă©tait dĂ©fini gĂ©nĂ©ralement par le personnel des Ă©tablissements, Ă travers la notion de projet de vie, la loi de 2002 insiste sur la participation directe du travailleur en situation de handicap Ă son projet dâaccueil et dâaccompagnement Boissel, 2006. Ainsi, en instituant un vĂ©ritable droit de lâusager, y compris celui dâaccĂ©der au dossier le concernant, la loi mĂšne Ă des pratiques qui sâapparentent Ă ce que les auteurs anglo-saxons dĂ©signent sous le nom d empowerment » qui implique Ă la fois la reconnaissance dâun droit de dĂ©cision autonome et la mise en Ćuvre de mesures textes simplifiĂ©s, formation Ă la prise de dĂ©cision, mises en place dâinstances de participation, etc. rendant les personnes handicapĂ©es capables dâexercer ce droit de façon efficace et bĂ©nĂ©fique pour elles » Velche, 2011, p 265-266. CrĂ©ation des ESAT et organisation du travail protĂ©gĂ© depuis la loi de 2005 4 Loi n° 2005-102 du 11 fĂ©vrier 2005 pour l'Ă©galitĂ©Ì des droits et des chances, la participation et l ... 5 Code de l'action sociale et des familles, Journal Officiel de la ReÌpublique Française, n°36 du 12 ... 11La loi, majeure en France, du 11 fĂ©vrier 2005 pour lâĂ©galitĂ© des droits et des chances, la participation et la citoyennetĂ© des personnes handicapĂ©es »4, matrice de tous les dispositifs actuellement en vigueur dans le domaine du handicap, va transformer les CAT en Ătablissements et services dâaide par le Travail ESAT, et rĂ©affirmer leur double mission dâaccompagnement mĂ©dico-social et dâinsertion professionnelle. Les ESAT ont dĂšs lors pour vocation dâune part, dâ offrir une insertion professionnelle et sociale adaptĂ©e au besoin des personnes handicapĂ©es adultes qui peuvent momentanĂ©ment ou durablement ni travailler dans les entreprises du milieu ordinaire, ni dans une entreprise adaptĂ©e » Code de lâaction sociale et des familles, Article L344-25, dâautre part de leur assurer les soutiens nĂ©cessaires [âŠ] pour acquĂ©rir la meilleure autonomie personnelle et sociale [âŠ], les formations professionnelles, aides psychosociales, alphabĂ©tisation, ouverture Ă lâenvironnement⊠» Zribi et PoupĂ©e-Fontaine, 2015, p 143. La loi de 2005 a Ă©galement eu pour effet de transformer les Ateliers ProtĂ©gĂ©s, créés comme les CAT en 1957, en Entreprises AdaptĂ©es, faisant sortir de ce fait ces Ă©tablissements du secteur du travail protĂ©gĂ© », statut quâils partageaient auparavant avec les CAT devenus ESAT pour crĂ©er un vĂ©ritable secteur dĂ©diĂ© au travail adaptĂ© ». 6 Composition dĂ©finie au Code de l'action sociale et des familles, article R241-24 12La loi de 2005 a aussi conduit Ă une rĂ©organisation complĂšte des dispositifs visant Ă accompagner les personnes en situation de handicap depuis lâenfance jusquâĂ lâĂąge adulte Figure 1. Elle a ainsi permis la creÌation du rĂ©seau des Maisons DeÌpartementales pour les Personnes HandicapeÌes MDPH, prĂ©sentes sur tout le territoire, qui sont des groupements dâinteÌreÌt public, sous tutelle administrative et financieÌre du conseil geÌneÌral » Leray, 2018 41, destinĂ©es Ă informer, conseiller et orienter les personnes en situation de handicap et leurs familles. Elles hĂ©bergent notamment les Commissions des Droits et de lâAutonomie des Personnes HandicapeÌes CDAPH6 qui ont entre autres pour mission dâaccorder la reconnaissance de la qualitĂ© de travailleur handicapeÌ RQTH et dâorienter les personnes vers le milieu de travail qui leur paraĂźt le plus adaptĂ© Ă leur situation travail protĂ©gĂ© ESAT, travail adaptĂ© Entreprises AdapteÌes ou milieu ordinaire Leray, 2018 36. Il est Ă noter dâune part quâil sâagit bien dâorientations Ă un moment donnĂ© et non dâassignations dĂ©finitives des passerelles sont toujours possibles entre ces divers milieux » selon lâĂ©volution de la situation du travailleur, Ă©valuĂ©e par la CDAPH Figure 1, lâobjectif recherchĂ© Ă©tant que le plus grand nombre de personnes puissent avoir accĂšs au milieu de travail ordinaire ; dâautre part que ces orientations concernent un type dâenvironnement de travail milieu protĂ©gĂ©, adaptĂ©, ordinaire et non un Ă©tablissement en particulier au vu de lâorientation proposĂ©e par la CDAPH, il revient aux personnes concernĂ©es et Ă leurs familles, avec lâaide de travailleurs sociaux, de rechercher un Ă©tablissement dâaccueil selon leurs choix de vie localisations, types de mĂ©tiers proposĂ©s et les places disponibles. 13Source auteurs 14Dans la continuitĂ© de la loi de 2002, le droit des travailleurs ayant la reconnaissance de la qualitĂ© de travailleur handicapeÌ RQTH sâest donc trouvĂ© renforcĂ© par la loi de 2005. En instituant le Contrat de soutien dâaide par le travail » la loi insiste sur la vocation de soutien mĂ©dico-social des Ă©tablissements en rendant obligatoires lâorganisation de formations professionnelles, des actions Ă©ducatives, dâautonomie, dâimplication dans la vie sociale ou encore lâouverture de lâaccĂšs Ă la validation des acquis de lâexpĂ©rience VAE aux travailleurs des ESAT. Au-delĂ de ces nouveaux droits pour le travailleur, la loi de 2005, promulguĂ©e Ă©galement en vue dâun rapprochement avec la rĂ©glementation europĂ©enne, a mis lâaccent sur lâouverture vers lâextĂ©rieur et le milieu ordinaire. Dans une logique sâinspirant du supported employement anglo-saxon Pachoud, 2014 lâidĂ©e est de mettre lâaccent sur lâemploi accompagnĂ© et de dĂ©cloisonner le travail protĂ©gĂ© en permettant des partenariats entre les ESAT et les entreprises publiques ou privĂ©es. Dans cette logique, se sont ainsi créés des ESAT hors-murs » qui, tout en assurant un suivi et un soutien mĂ©dico-social, proposent la mise Ă disposition des travailleurs dans des entreprises partenaires du milieu ordinaire. Ambivalence et tensions autour de la double mission des ESAT 15Les actions des ESAT sâarticulent donc autour de deux Ă©lĂ©ments principaux les activitĂ©s de travail et les activitĂ©s de soutien mĂ©dico-social. Par opposition au milieu ordinaire, les ESAT proposent aux travailleurs ayant la RQTH des expĂ©riences professionnelles en milieu protĂ©gĂ© en leur offrant la possibilitĂ© dâexercer une activitĂ© dans un environnement amĂ©nagĂ© compte tenu de leurs besoins. Ă cĂŽtĂ© de ces diverses expĂ©riences de travail, les ESAT proposent des activitĂ©s de soutien mĂ©dico-social dans le but dâaccompagner la personne dans la dĂ©finition de son projet de vie et professionnel et lui permettre dâacquĂ©rir des compĂ©tences et savoir-faire pour le mener Ă bien. Ces activitĂ©s, organisĂ©es par les diffĂ©rents professionnels accompagnants moniteurs dâateliers, conseillers en insertion, assistant social, ergothĂ©rapeute, etc., peuvent ĂȘtre conduites de maniĂšre individuelle ou collective et sâarticuler autour de la formation professionnelle, de lâouverture Ă lâenvironnement, du dĂ©veloppement de lâautonomie, etc. 7 Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant reÌforme de l'hoÌpital et relative aux patients, aÌ la s ... 16Du fait de lâimportance accordĂ©e Ă leur premiĂšre mission lâaccompagnement socio-mĂ©dical et socio-Ă©ducatif, les ESAT sont classĂ©s parmi les eÌtablissements et services sociaux et meÌdico-sociaux et sont reÌgis par les Agences ReÌgionales de SanteÌ ARS depuis la loi HoÌpital, Patient et Territoire » du 21 juillet 2009 qui portait sur la reÌforme de lâhoÌpital7. Ce sont donc les ARS qui ont maintenant la main sur la crĂ©ation de nouveaux Ă©tablissements, lâĂ©volution du nombre de places dans les Ă©tablissements existants - places de fait gelĂ©es depuis 2013 pour des raisons budgĂ©taires ainsi que le rappelle de rapport de lâInspection GĂ©nĂ©rale des Finances et de lâInspection GĂ©nĂ©rale des Affaires Sociales 2019, p. 1 â et qui attribue les financements aux ESAT, pour partie selon une grille tarifaire Ă©tablie en fonction des publics accueillis types de handicaps. 17Le financement des ESAT est ainsi assurĂ© principalement par des fonds publics qui se composent dâune part, dâune dotation globale de fonctionnement provenant du budget de lâassurance maladie versĂ©e par lâARS sur le Budget Principal dâAction Sociale et qui sert Ă couvrir les dĂ©penses liĂ©es Ă lâaccompagnement socio-mĂ©dical principalement la rĂ©munĂ©ration des encadrants ; dâautre part une garantie de ressources, intitulĂ©e aussi Aide au poste », qui provient directement du budget de lâĂtat et qui participe Ă la rĂ©tribution des travailleurs ayant la reconnaissance de la qualitĂ© de travailleur handicapeÌ RQTH. Quoiquâimportants, ces financements publics ne reprĂ©sentent que 70 % environ du budget des ESAT. Pour parvenir Ă lâĂ©quilibre, ceux-ci doivent donc dĂ©gager des bĂ©nĂ©fices commerciaux, Ă partir de leurs activitĂ©s productives, pour financer une partie de la reÌmuneÌration des travailleurs en situation de handicap et couvrir les charges lieÌes aÌ la production. LâambiguĂŻtĂ© tient au fait que ces recettes commerciales nâont pas, en thĂ©orie, vocation aÌ ancrer les ESAT dans une logique marchande tourneÌe vers le profit. En effet, ces structures doivent agir dans lâinteÌreÌt des travailleurs en leur proposant des activiteÌs qui correspondent aÌ leurs besoins et aÌ leurs capaciteÌs, meÌme si celles-ci sâavĂšrent peu rentables. Dans les faits, on comprend aisĂ©ment que ces ressources complĂ©mentaires sont toutefois indispensables, ce qui crĂ©e des tensions entre les deux missions des ESAT, ainsi que lâexpliquait le sĂ©nateur Bocquet dans son rapport. La poursuite concomitante de ces deux objectifs est Ă lâorigine dâune tension dans le fonctionnement des ESAT, qui doivent contribuer Ă lâĂ©panouissement de leurs usagers tout en veillant Ă ce que leur Ă©quilibre Ă©conomique soit assurĂ© par des dĂ©bouchĂ©s Ă©conomiques suffisants. Si cette tension nâest pas nouvelle, puisquâelle est consubstantielle Ă la mission de ces Ă©tablissements, elle se renforce Ă mesure que ceux-ci sont soumis Ă une concurrence Ă©conomique accrue et doivent faire face au vieillissement de la population quâils accueillent. En effet, les ESAT doivent pouvoir garantir une productivitĂ© du travail suffisante et dĂ©velopper de nouvelles activitĂ©s tout en maintenant une bonne qualitĂ© de prise en charge » Bocquet, 2015, p. 9. 18Ă lâambivalence de statut des ESAT, qui relĂšvent du secteur socio-mĂ©dical alors quâils ont un fonctionnement proche de celui des entreprises ordinaires, fait Ă©cho lâambiguĂŻtĂ© du statut des personnes quâils accueillent, situation critiquĂ©e tant Ă lâĂ©chelle nationale par les associations de personnes en situation de handicap que par les institutions internationales voir par exemple les critiques Ă©mises en 2019 par Catalina Devandas-Aguilar, Rapporteure speÌciale sur les droits des personnes handicapeÌes pour lâONU. En effet, orientĂ©s par la MDPH vers le travail protĂ©gĂ© aprĂšs lâobtention de la RQTH, ces travailleurs ne disposent pas du statut de salarieÌ de droit commun. Ils sont considĂ©rĂ©s comme des usagers » et ne relĂšvent pas du Code du travail, mais du Code de lâaction sociale et des familles, ce qui explique ce statut spĂ©cifique. Ils ne signent pas un contrat de travail aÌ la diffeÌrence des travailleurs des Entreprises AdapteÌes, mais un contrat de soutien et dâaide par le travail ». A contrario, la direction dâun ESAT est dans lâincapaciteÌ de mettre un terme, de manieÌre unilateÌrale, aÌ la preÌsence dâun travailleur dans son Ă©tablissement on ne peut licencier un usager. Les ESAT sont toutefois rattacheÌs au Code du travail en ce qui concerne lâhygieÌne, la seÌcuriteÌ et la meÌdecine du travail, et leurs travailleurs ayant la RQTH bĂ©nĂ©ficient de droits sociaux durĂ©e maximale du travail ; droit aux mĂȘmes congĂ©s que les autres salariĂ©s ; droit Ă la formation professionnelle et aÌ la validation des acquis de lâexpeÌrience VAE ; droit aÌ la participation dans le cadre du conseil de la vie sociale CVS de leur Ă©tablissement. Ils ont Ă©galement droit aÌ une ReÌmuneÌration Garantie, fixĂ©e par le lĂ©gislateur Ă un montant Ă©tabli entre 55 % et 110 % du salaire minimum de croissance SMIC brut pour un temps plein qui, dans le dĂ©tail, correspond Ă lâAide au Poste attribuĂ©e par lâĂtat qui ne peut ĂȘtre supĂ©rieure Ă 50 % du SMIC, Ă laquelle sâajoute la part de lâESAT, prise sur ses recettes propres qui ne peut ĂȘtre infĂ©rieure Ă 5 % du SMIC. En complĂ©ment les travailleurs des ESAT ayant la RQTH peuvent aussi percevoir lâAllocation Adulte HandicapĂ© AAH accordĂ©e par la Commission des droits et de lâautonomie des personnes handicapĂ©es CDAPH qui siĂšge Ă la MDPH, mais le cumul des deux ne peut ĂȘtre supĂ©rieur Ă 100 % du SMIC brut pour une personne seule majorĂ© selon la situation du conjoint ou lâexistence dâenfants ou dâascendants Ă charge. Ils peuvent enfin percevoir une prime dâintĂ©ressement. Au final le revenu disponible dâun travailleur dâESAT avoisine les 1400 euros », estime le rapport de lâInspection GĂ©nĂ©rale des Finances et de lâInspection GĂ©nĂ©rale des Affaires Sociales 2019 31. 19Ainsi, dĂšs avant la pandĂ©mie, les ESAT devaient rĂ©soudre le dilemme entre objectifs dâaccompagnement et de rentabilitĂ© Ă©conomique et, de ce fait, leurs directeurs devenir de vĂ©ritables entrepreneurs, câest-Ă -dire des personnes qui mettent lâactivitĂ© en mouvement, qui insufflent de la crĂ©ativitĂ© et qui brisent la routine. Bref, des innovateurs, y compris dans lâaccompagnement des travailleurs. » Bocquet, 2015. Les Entreprises AdaptĂ©es, qui ont succĂ©dĂ© par la loi de 2005 aux Ateliers ProtĂ©gĂ©s, et qui se diffĂ©rencient des ESAT par une plus grande importance accordĂ©e Ă lâaccompagnement socio-professionnel des personnes quâelles accueillent par rapport au soutien mĂ©dico-social, sont soumises aux mĂȘmes tensions assurer leur mission dâaccompagnement vers lâemploi tout en Ă©tant Ă©conomiquement suffisamment rentables pour rester viables. 3. Ătude empirique prĂ©sentation de lâĂ©chantillon et mĂ©thodologie de recherche 20Pour interroger lâadaptation des ESAT Ă la pandĂ©mie et au confinement tant sur le volet du soutien mĂ©dico-social que sur les modalitĂ©s Ă©conomiques, nous nous sommes appuyĂ©s sur des entretiens semi-directifs conduits en juin et juillet 2020 auprĂšs de cinq responsables de ces Ă©tablissements quatre directeurs dâESAT et un responsable de productions et de commercialisations, mais reprĂ©sentant six Ă©tablissements de la rĂ©gion Auvergne-RhĂŽne-Alpes en raison de la mutualisation de lâorganisation administrative de deux dâentre eux Tableau 1. Trois dâentre eux, situĂ©s en milieu rural communes de moins de 1000 habitants dans le dĂ©partement de lâAin et celui de la Loire, proposent aux travailleurs en situation de handicap des activitĂ©s professionnelles majoritairement Ă dominante agricole. Les trois autres, implantĂ©s en milieu urbain mĂ©tropoles rĂ©gionales ou proche pĂ©riphĂ©rie de ces mĂ©tropoles dans les dĂ©partements du Puy-de-DĂŽme et du RhĂŽne, sont davantage spĂ©cialisĂ©s dans la sous-traitance et les services aux entreprises. En raison de la difficultĂ© dâaccĂšs les ESAT sont restĂ©s fermĂ©s au public jusquâĂ lâautomne ces entretiens ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s par tĂ©lĂ©phone ou en visioconfĂ©rence et ont donnĂ© lieu Ă des retranscriptions. La grille dâentretien, qualitative, portait dâune part sur les mesures mises en place par les Ă©tablissements pendant le confinement et au cours du dĂ©confinement, en particulier celles concernant les missions dâaccompagnement socio-mĂ©dical ; dâautre part sur lâimpact de la pandĂ©mie sur les activitĂ©s Ă©conomiques des ESAT arrĂȘt ou maintien de telle ou telle production, relations avec la clientĂšle, modification ou diversification des activitĂ©s pour sâadapter au contexte, consĂ©quences sur le chiffre dâaffaires, etc.. 21Les Ă©tablissements de notre panel sont reprĂ©sentatifs des 1400 ESAT rĂ©partis sur le territoire national, qui accompagnaient 122 600 travailleurs ayant la RQTH en 2014 derniĂšres statistiques publiĂ©es par la Direction de la recherche, des Ă©tudes, de lâĂ©valuation et des statistiques Drees dĂ©pendant des ministĂšres du Travail, de la SantĂ© et de lâĂconomie. Tous sont gĂ©rĂ©s par des associations Ă but non lucratif. Des associations de parents dâenfants en situation de handicap mental sont majoritairement Ă lâorigine de leur crĂ©ation. Parfois, comme dans le cas des ESAT 2 et 2 bis de notre Ă©chantillon, il sâagit dâinitiatives citoyennes locales ici câest au dĂ©part un mĂ©decin qui a proposĂ© cette solution pour accueillir ses patients en situation de deÌficience mentale qui travaillaient comme ouvriers agricoles jusquâaÌ ce que lâessor de la meÌcanisation nâentraiÌne une diminution des besoins de main-dâĆuvre ; quelques annĂ©es plus tard, les Ă©lus de la commune voisine ont souhaitĂ© dĂ©velopper un projet similaire, avant de finalement mutualiser la gestion de leurs Ă©tablissements. Initialement les ESAT accompagnaient donc majoritairement des personnes en situation de dĂ©ficience intellectuelle et handicap mental. Ce public reste prĂ©pondĂ©rant Ă lâĂ©chelle nationale 64 % des travailleurs des ESAT en 2014 et dans notre Ă©chantillon, mais lâon observe depuis quelques annĂ©es la part croissante des personnes en situation de handicap psychique 21 % en moyenne nationale en 2014, Ă©galement prĂ©sentes dans plusieurs ESAT de notre panel. 22En terme dâeffectifs, les ESAT sâapparentent Ă des PME et comptent en moyenne nationale 80 travailleurs ayant la RQTH. Notre Ă©chantillon montre que les ESAT urbains sont un peu plus importants que les ESAT ruraux. Pour ce qui concerne les activitĂ©s, la caractĂ©ristique des ESAT, comme le met en Ă©vidence notre panel tableau 1, est de prĂ©senter une gamme Ă©tendue de productions et de services dans lâobjectif dâoffrir un certain choix de mĂ©tiers aux travailleurs quâils accueillent, mais aussi de limiter le risque de fluctuation et/ou de dĂ©pendance Ă©conomique par rapport Ă un secteur dâactivitĂ©s. Ces activitĂ©s sont en gĂ©nĂ©ral plus nombreuses dans les ESAT urbains que dans les ESAT ruraux quand la moyenne nationale sâĂ©tablit Ă 8 activitĂ©s par ESAT Inspection GĂ©nĂ©rale des Finances et Inspection GĂ©nĂ©rale des Affaires Sociales, 2019, lâĂ©tude rĂ©alisĂ©e pour Solidel en dĂ©nombrait 5,3 en moyenne pour ceux situĂ©s en milieu rural Chevalier-Despicht et Droin, 2007. Les activitĂ©s pratiquĂ©es dans les ESAT de notre Ă©chantillon sont dans lâensemble reprĂ©sentatives de celles que lâon observe Ă lâĂ©chelle nationale. Ainsi, dans son rapport, le sĂ©nateur Bocquet relevait que les activitĂ©s liĂ©es au conditionnement, Ă lâemballage ou au montage reprĂ©sentaient 44 % des activitĂ©s des ESAT. [âŠ] Les activitĂ©s de services blanchisserie, nettoyage, restauration, etc. reprĂ©sentaient pour leur part 20 % des activitĂ©s en ESAT et les activitĂ©s vertes » espaces verts, agriculture, activitĂ©s bois 28 % » Bocquet, 2015. Les activitĂ©s strictement agricoles restent toutefois minoritaires lâĂ©tude pour Solidel estimait que seuls 13 % des ESAT proposaient une activitĂ© agricole Chevalier-Despicht et Droin, 2007, mĂȘme si cette part est certainement en croissance du fait du dĂ©veloppement du maraĂźchage qui se prĂ©sente comme une voie de diversification intĂ©ressante, y compris pour des ESAT situĂ©s en milieu pĂ©ri-urbain. 23Une part importante de lâactivitĂ© des ESAT reste toutefois rĂ©alisĂ©e dans le cadre de la sous-traitance. Cette part â historique, notamment sur des activitĂ©s telles que le conditionnement et lâemballage â trouve une explication dans le contexte institutionnel. En effet, depuis la loi dâobligation dâemploi des travailleurs handicapĂ©s du 10 juillet 1987, remaniĂ©e en 2005, tous les Ă©tablissements dâau moins 20 salarieÌs doivent prĂ©senter dans leurs effectifs une proportion de 6 % de personnes ayant la reconnaissance de la qualitĂ© de travailleur handicapeÌ RQTH. Sâils ne remplissent pas cette obligation, ils doivent verser une contribution financiĂšre Ă lâAssociation de gestion du fonds pour lâinsertion des personnes handicapĂ©es Agefiph. Mais ils peuvent aussi limiter cette contribution en faisant appel, en sous-traitance ou en prestation de services, Ă des ESAT ou Ă des Entreprises adaptĂ©es. Or, les activitĂ©s traditionnelles de sous-traitance, que sont notamment le conditionnement, lâemballage ou le montage, apparaissent les plus exposĂ©es Ă la concurrence, Ă la fois entre ESAT et par rapport Ă dâautres entreprises, nationales voire internationales Bocquet, 2005, ce qui les conduit Ă chercher des voies de diversification dans des domaines plus rentables et/ou moins dĂ©localisables, par exemple la gestion des espaces verts ou la restauration collective pour les Ă©coles, les maisons de retraite, les hĂŽpitaux, etc. et les services de traiteur pour les collectivitĂ©s et les entreprises, ainsi que lâon en trouve plusieurs exemples dans notre panel. Par ailleurs, ces activitĂ©s, qui mettent les travailleurs en situation de handicap au contact de la sociĂ©tĂ©, sont le signe dâune plus grande ouverture des ESAT, comme lâillustre Ă©galement la pratique croissante du dĂ©tachement des travailleurs dans les entreprises, dont nous avons un exemple dans notre panel. 4. RĂ©sultats et discussion Confinement impact sur lâĂ©quilibre des personnels et accompagnements des Ă©tablissements 24Ă la demande de lâAgence RĂ©gionale de SantĂ©, tous les travailleurs de ces Ă©tablissements, considĂ©rĂ©s comme Ă©tant des personnes vulnĂ©rables, ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s chez eux pendant le confinement, alors que, comme le relĂšve un directeur dâĂ©tablissement, dans le cas de handicaps psychiques, ils ne sont pas plus vulneÌrables que nâimporte qui dâautre ». Quâil sâagisse des ESAT ruraux ou urbains, le personnel dâencadrement a assurĂ© la continuitĂ© du service Ă©conomique des Ă©tablissements. Tous les directeurs dâĂ©tablissements interrogĂ©s ont soulignĂ© que le confinement a Ă©tĂ© une pĂ©riode difficile pour les personnes accompagnĂ©es. Lâabsence du rythme du travail, la rupture brutale des relations sociales et professionnelles a bien souvent accentuĂ© les angoisses et les craintes. Pour faire face aux besoins et assurer, durant cette pĂ©riode, la continuitĂ© de lâaccompagnement mĂ©dico-social, les Ă©tablissements ont tous mis en place une organisation spĂ©cifique pour rompre lâisolement. 25Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le confinement mis en place au printemps 2020 a Ă©tĂ© une vĂ©ritable Ă©preuve pour lâensemble de la population, pouvant parfois aller chez certains jusquâĂ dĂ©clencher ou aggraver des troubles psychiques, confirmant les rĂ©sultats de recherches antĂ©rieures rĂ©alisĂ©es dans dâautres contextes. En effet, les consĂ©quences dâun confinement en petits groupes avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© analysĂ©es, par exemple, lors dâexpĂ©ditions polaires, sous-marines ou insulaires. Ces Ă©tudes avaient mis en Ă©vidence notamment une augmentation de la paranoĂŻa et des expĂ©riences hallucinatoires sur des personnes ne prĂ©sentant pas dâantĂ©cĂ©dents de troubles mentaux. Il apparaĂźt que ces effets dĂ©pendent de la durĂ©e de confinement et disparaissent Ă la fin de celui-ci Smith, 1969 ; Cochrane et Freeman, 1989 ; Gunderson et Nelson, 1963. Dâautres Ă©tudes portant sur lâisolement de dĂ©tenus en prison avaient quant Ă elles montrĂ© que les prisonniers mis Ă lâisolement prĂ©sentaient des symptĂŽmes dâĂ©tat confusionnel agitĂ©, de dĂ©lires et dâhallucinations ainsi que des Ă©pisodes de violence autodirigĂ©e Brodsky et Scogin, 1988 ; Korn, 1988a, Korn, 1988b. Ces recherches indiquent Ă©galement une hypersensibilitĂ© aux stimulus extĂ©rieurs et des altĂ©rations de la perception Grassian, 1983. 26Si toutes ces Ă©tudes portent sur des situations trĂšs spĂ©cifiques, les confinements pour raisons sanitaires induisent Ă©galement des effets nĂ©gatifs. En ce qui concerne le confinement liĂ© Ă la pandĂ©mie de COVID-19, plusieurs chercheurs Brooks, Webster et Smith, 2020 ; Fiorillo et Gorwood, 2020 ; Li, Wang et Xue, 2020 ont par exemple observĂ© une augmentation des troubles dĂ©pressifs due au fait que la pandĂ©mie met lâindividu face Ă un risque vital pour lui-mĂȘme ainsi que pour ses proches. Le confinement bouleverse les repĂšres de lâindividu dans la sociĂ©tĂ© comme lâexplique Cleland citĂ© par Mengin et al., 2020. Par ailleurs, la distanciation sociale, si elle constitue un moyen de protection, est aussi synonyme dâisolement, dâexclusion et de mĂ©fiance vis-Ă -vis des autres Kaniasty, 2019, ce qui est source dâanxiĂ©tĂ© et de mal-ĂȘtre. Ă ceci peut sâajouter une perte de valorisation professionnelle et sociale en pĂ©riode de confinement. En effet, lâactivitĂ© professionnelle de nombreuses personnes a Ă©tĂ© rĂ©duite, voire arrĂȘtĂ©e, et les recherches en psychologie positive dĂ©montrent que le sentiment de bonheur survient dâexpĂ©riences qui gĂ©nĂšrent une forme de dĂ©fi personnel quâun individu surmonte grĂące Ă ses compĂ©tences personnelles Csikszentmihalyi, 2004. En outre, la situation de confinement gĂ©nĂšre de lâennui qui peut avoir deux types de consĂ©quences dâune part un fort sentiment dâinsatisfaction, lequel peut se traduire par de lâagressivitĂ©, ainsi que la recherche de compensation par des comportements addictifs comme la consommation de drogues ou les jeux dâargent Mercer-Lynn et Eastwood, citĂ©s par Mengin et al, 2020. 27Tout ceci peut provoquer des troubles dĂ©pressifs chez les personnes nâayant pas dâantĂ©cĂ©dents psychiatriques, a fortiori chez les personnes vulnĂ©rables comme celles accompagnĂ©es par les ESAT de notre Ă©tude, ainsi quâen tĂ©moignent les directeurs dâĂ©tablissements. Si la situation nâa pas posĂ© de problĂšmes majeurs dans la plupart des cas, tous ont soulignĂ© lâanxiĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e par la situation et lâennui des personnels comme le rappelait la directrice dâun des lâESAT certains ont trouvĂ© le temps long, se sont sentis seuls et ont eu peu de contacts pendant cette pĂ©riode » du fait de lâimpact nĂ©gatif de la rupture des relations sociales et de lâimportance de lâactivitĂ© professionnelle pour lâĂ©quilibre psychique des travailleurs. Ce sentiment dâennui nous a Ă©tĂ© confirmĂ© par les travailleurs de deux ESAT agricoles rencontrĂ©s en septembre 2020 Ă lâoccasion de lâorganisation dâateliers participatifs. 28La situation a parfois Ă©tĂ© plus contrastĂ©e. Ainsi un autre responsable dâESAT a-t-il soulignĂ© la variĂ©tĂ© de rĂ©actions des travailleurs de son Ă©tablissement Cette pĂ©riode a suscitĂ© des rĂ©actions trĂšs diverses de la part des travailleurs. Certains ont Ă©tĂ© traumatisĂ©s, dâautres angoissĂ©s ou paniquĂ©s. Certains ont eu le sentiment dâĂȘtre en vacances quand dâautres nâont rien compris Ă ce qui se passait. Il y a eu autant de rĂ©actions que dâindividus, mais dans lâensemble tout sâest bien passĂ© nous nâavons pas eu dâhospitalisation ou de cas grave. Toutefois cette crise nâa pas aidĂ© les travailleurs handicapĂ©s Ă aller mieux ». 29Ce sentiment gĂ©nĂ©ralisĂ© dâanxiĂ©tĂ©, voire dâangoisse, sâest Ă©galement poursuivi lors de la phase de dĂ©confinement comme en tĂ©moigne le directeur dâun des ESAT urbains Certains ouvriers ont mal vĂ©cu le confinement. Plusieurs Ă©taient angoissĂ©s Ă lâidĂ©e de reprendre le travail, mais nous leur avons permis de revenir pour voir les mesures mises en place avant quâils dĂ©cident de revenir travailler. Beaucoup sont venus dans ce cadre pour visiter, cela a permis de les rassurer. Nous avons aujourdâhui un travailleur proche de la retraite qui craint de revenir et qui nâest donc toujours pas revenu ». 30MĂȘme si les travailleurs ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s chez eux pendant le confinement, les Ă©tablissements avaient dans lâobligation dâassurer, le suivi des accompagnements mĂ©dico-sociaux. Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, tous les ESAT ont gardĂ© des contacts tĂ©lĂ©phoniques rĂ©guliers avec les travailleurs confinĂ©s. Concernant lâaccompagnement mĂ©dico-social des travailleurs, ils ont Ă©tĂ© suivis pendant cette pĂ©riode par le service dâaccompagnement Ă la vie sociale SAVS de lâassociation par tĂ©lĂ©phone, ainsi que par les moniteurs de lâESAT qui les ont Ă©galement contactĂ©s rĂ©guliĂšrement par tĂ©lĂ©phone. » ESAT 2 et 2 bis Il y a eu un suivi par tĂ©lĂ©phone et des interventions Ă domicile avec le respect des gestes barriĂšres. » ESAT 3 Pendant le confinement, nous avons gardĂ© contact avec les ouvriers, nous les appelions pour prendre des nouvelles et maintenir un lien social toutes les semaines. Environ un tiers dâentre eux vivent de maniĂšre autonome, un autre tiers vivent dans leur famille, et un autre tiers dans des foyers dâhĂ©bergement. Nous avons donc ciblĂ© en prioritĂ© celles et ceux qui Ă©taient seuls. Nous avions aussi des contacts avec les foyers pour prendre des nouvelles. » ESAT 5 31Parfois cette mission de soutien et de suivi a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă une personne en particulier, comme dans cet ESAT urbain oĂč une Ă©ducatrice technique spĂ©cialisĂ©e Ă©tait Ă disposition des personnes confinĂ©es chez elles. Deux fois par semaine, elle appelait les travailleurs pour faire le point sur leur situation, pour savoir comment ça se passait pour eux ». Dans un des ESAT ruraux, le suivi mĂ©dical et paramĂ©dical des travailleurs a Ă©tĂ© assurĂ© selon plusieurs modalitĂ©s pour tenir compte de la variĂ©tĂ© des situations Les usagers qui rĂ©sidaient dans des structures collectives Ă©taient encadrĂ©s par celles-ci. Ceux qui Ă©taient chez eux, en famille, Ă©taient encadrĂ©s par la famille et ceux qui Ă©taient seuls durant cette pĂ©riode ont Ă©tĂ© suivis par des structures de lâassociation soit en prĂ©sentiel Ă leur domicile et dans le respect des gestes barriĂšres, soit en tĂ©lĂ©consultation ». ESAT 1 32Enfin, lâimpact diffĂ©renciĂ© des activitĂ©s de plein air ou en atelier sâest fait ressentir au moment du dĂ©confinement quand les travailleurs en situation de handicap sont retournĂ©s dans leurs Ă©tablissements. La reprise dâactivitĂ© sâest partout faite progressivement, sur la base du volontariat selon les recommandations de lâAgence RĂ©gionale de SantĂ©, afin de ne pas brusquer les personnes. Partout Ă©galement ont Ă©tĂ© mis en place des protocoles de prĂ©vention trĂšs rigoureux ainsi que des sĂ©ances de formation pour bien expliquer lâimportance de la distanciation physique et des gestes barriĂšres. Si, dans tous les ESAT, les travailleurs en situation de handicap se sont montrĂ©s attentifs et respectueux des consignes, les personnels dâencadrement doivent rester trĂšs vigilants, car bien souvent le masque nâest pas porteÌ de la bonne manieÌre on le retrouve parfois sous le nez ou sous le menton » et les rĂšgles de distanciation physique ne sont pas toujours correctement assimilĂ©es. Une activitĂ© agricole prĂ©sente alors, sous lâangle de la sĂ©curitĂ© sanitaire, un avantage imprĂ©vu comme en tĂ©moigne un responsable dâESAT. Les gestes barrieÌres et leur importance sont bien compris par les travailleurs, mais pas toujours faciles aÌ faire respecter au quotidien sur le long terme. Nous avons la chance en tant quâESAT agricole dâavoir des activiteÌs en exteÌrieur ouÌ la distanciation physique est beaucoup plus simple aÌ respecter et ouÌ le masque peut eÌtre enleveÌ. Par ailleurs, le fait dâeÌtre en campagne preÌsente aussi lâavantage de croiser moins de monde, de pouvoir respecter plus facilement les distanciations physiques, ce qui est beaucoup plus difficile en ville, notamment dans les transports en commun. » ESAT 1 33Si lâensemble des responsables dâESAT interrogĂ©s considĂšre que, sur le plan social, les mesures de suivi mises en place ont permis aux travailleurs de gĂ©rer la crise avec plus ou moins de difficultĂ©s en fonction des situations, sur le plan Ă©conomique, la donne est diffĂ©rente. En effet, tous confient que leur Ă©tablissement a subi une baisse de chiffre dâaffaires et parfois une perte de clientĂšle. Mais celle-ci varie beaucoup selon les lieux et les modĂšles Ă©conomiques. ESAT agricoles ou urbains deux modĂšles Ă©conomiques face Ă la crise 34Le financement des ESAT est assurĂ© pour une large partie par une dotation de lâĂtat et de lâassurance maladie environ 70 % correspondant aux dĂ©penses de personnel et Ă divers frais de fonctionnement. Leurs activitĂ©s Ă©conomiques restent donc importantes pour lâĂ©quilibre de leur budget. DĂšs lors, la question de la rentabilitĂ© de leurs activitĂ©s commerciales reste cruciale. 35Durant le confinement tous les ESAT ont pu bĂ©nĂ©ficier de certaines aides financieÌres de lâĂtat. Ainsi les dotations globales, de mĂȘme que lâAide au poste qui correspond aÌ une part de la reÌmuneÌration des travailleurs en situation de handicap ont-elles Ă©teÌ maintenues. Les ESAT nâont donc pas eu Ă supporter les charges de reÌmuneÌration, incluant les charges sociales, pendant la peÌriode sâeÌtalant du 12 mars au 30 juillet 2020. Ces aides ont permis de maintenir la rĂ©tribution des travailleurs aÌ taux plein incluant donc la partie des salaires payeÌe habituellement par les Ă©tablissements, ce qui Ă©tait crucial pour les personnes en situation de handicap qui disposent en rĂšgle gĂ©nĂ©rale de ressources modestes. Elles ont aussi permis dâĂ©viter aux ESAT de connaĂźtre de trop grandes difficulteÌs financieÌres et, au final, de sauver un peu lâanneÌe » comme le rĂ©sume la directrice dâun des ESAT. Par ailleurs, lâAgence RĂ©gionale de SantĂ© a souvent fait don de divers matĂ©riels masques chirurgicaux, gants et gels hydroalcooliques, ce qui a un peu rĂ©duit les dĂ©penses affectĂ©es aux mesures de prĂ©vention. Par contre, les demandes spĂ©cifiques quâont dĂ©posĂ©es certains ESAT pour compenser les surcouÌts engendreÌs par la crise du Covid nâont, semble-t-il, pas connu de suite favorable. 36Outre la mesure des difficultĂ©s Ă©conomiques, communes Ă tous les Ă©tablissements, nous souhaitions ajouter une dimension territoriale Ă notre analyse en comparant leur adaptation selon le type de milieu dans lequel ils sont implantĂ©s rural, urbain et des activitĂ©s quâils proposent. En effet, compte tenu du modĂšle Ă©conomique des ESAT ruraux, privilĂ©giant la vente directe de leur production dans des rĂ©seaux de proximitĂ©, lâimpact Ă©conomique de la crise sanitaire et du confinement semblait moins susceptible de les affecter, contrairement aux Ă©tablissements situĂ©s en milieu urbain, plus dĂ©pendants dâune clientĂšle professionnelle elle-mĂȘme plus exposĂ©e aux consĂ©quences de la crise. MĂȘme si la faiblesse de lâĂ©chantillon empĂȘche de dĂ©boucher sur une gĂ©nĂ©ralisation des observations qui serait excessive, la divergence de modĂšles Ă©conomiques entre ESAT ruraux Ă vocation agricole et ESAT urbains, plutĂŽt orientĂ©s vers la sous-traitance, est suffisamment marquĂ©e pour que lâon puisse toutefois en tirer des enseignements. 37Si tous les ESAT de notre panel ont interdit, Ă la demande de lâAgence RĂ©gionale de SantĂ©, lâaccĂšs de leurs locaux aux travailleurs en situation de handicap durant le confinement, aucun dâentre eux toutefois nâa Ă©tĂ© totalement Ă lâarrĂȘt pendant la durĂ©e totale du confinement les professionnels des diffĂ©rents Ă©tablissements en particulier les moniteurs dâateliers ont continuĂ© Ă travailler pour assurer une continuitĂ© de services dans les activitĂ©s essentielles. Le maintien de lâactivitĂ© nâa pas empĂȘchĂ© des baisses de chiffres dâaffaires, parfois trĂšs importantes dans certaines branches. 38Ainsi le directeur dâun des ESAT urbains estime quâau premier semestre [son Ă©tablissement a] perdu 40 % de lâactiviteÌ commerciale par rapport aÌ lâan passeÌ [et] quâaÌ la fin de lâanneÌe nous aurons une perte de 30 % ». MĂȘme constat chez son voisin qui dĂ©taille les pertes dâactivitĂ©s par secteur dâintervention LâactiviteÌ de lâESAT a eÌteÌ impacteÌe, notamment pour ce qui est de lâactiviteÌ dâentretien des espaces verts. Nous avons duÌ reporter des interventions preÌvues chez certains clients. Par ailleurs, nous avons eÌteÌ contraints de refuser de nouveaux clients que lâon aurait accepteÌs en temps normal, mais nous nous sommes engageÌs aÌ maintenir lâentretien avec les clients avec qui nous sommes deÌjaÌ en contrat. Une autre activiteÌ de lâESAT a eÌteÌ impacteÌe câest le conditionnement. Nous avons perdu 10 aÌ 15 % de marcheÌ sur cette activiteÌ. Les clients qui avaient besoin de nous pour cette taÌche se sont tourneÌs vers dâautres solutions, puisque nous ne pouvions pas assurer nos prestations. » ESAT 3 39Rares sont les activitĂ©s des ESAT urbains Ă avoir pu ĂȘtre maintenues pendant le confinement. Cela a toutefois Ă©tĂ© le cas des activitĂ©s de service dans le domaine de la blanchisserie et de lâentretien des locaux en raison de lâexistence de contrats avec des Ă©tablissements du secteur mĂ©dico-social. Les ESAT urbains ont donc rĂ©pondu Ă la demande gouvernementale de ne pas conduire Ă des ruptures de services essentiels [âŠ] de construire les continuitĂ©s dâactivitĂ© nĂ©cessaire pour les secteurs de sous-traitance et de prestations sensibles, notamment ceux liĂ©s au fonctionnement des Ă©tablissements mĂ©dico-sociaux blanchisserie, nettoyage, restauration collective, etc.. » MinistĂšre des SolidaritĂ©s et de la SantĂ©, 2020, Annexe 1. Ainsi lâun des ESAT urbains de notre panel a-t-il repris cette activitĂ© aÌ la marge avec seulement les encadrants » aÌ partir du 10 avril pour faire face aux demandes de certains clients prioritaires, tels que les soignants, les hoÌpitaux et lâarmeÌe ». Il en a Ă©tĂ© de mĂȘme pour les deux autres ESAT urbains. Nous avons stoppeÌ toutes nos activiteÌs sauf une, lâactiviteÌ dâentretien des locaux puisque nous avons des clients qui sont des eÌtablissements meÌdico-sociaux qui eux, ont duÌ poursuivre leurs activiteÌs. Nous avons donc honoreÌ nos engagements, mais ce sont les moniteurs qui ont pris en charge cette activiteÌ. » ESAT 4 8 Les maisons d'accueil spĂ©cialisĂ©es MAS reçoivent les personnes en situation de handicap gravement ... Mais nous avons un atelier de blanchisserie avec des clients du secteur meÌdico-social, comme des MAS et des foyers8, donc nous avions une obligation de continuiteÌ. Les salarieÌs ont donc assureÌ la continuiteÌ de cette activiteÌ pendant tout le confinement, au deÌbut tous ensemble, ensuite par rotation de deux eÌquipes par principe de seÌcuriteÌ pour pouvoir isoler les personnes en cas de contamination.» ESAT 5 40Ă lâexception de ces activitĂ©s prĂ©servĂ©es en raison du caractĂšre prioritaire des commanditaires, en gĂ©nĂ©ral toutes les autres activiteÌs des ESAT urbains ont eÌteÌ arreÌteÌes pendant le confinement. Les responsables de ces Ă©tablissements ont alors cherchĂ© des solutions pour proposer du travail Ă leurs salariĂ©s et trouver de nouvelles ressources financiĂšres. Presque tous les ESAT disposant dâun atelier de couture, la plupart se sont alors tournĂ©s vers la production de masques. Dans un premier temps nous avons fait du conditionnement de masque ; ensuite nous avons fait de la sous-traitance de fabrication de masques pour un client, puis nous avons deÌveloppeÌ nos propres masques qui ont eÌteÌ homologueÌs pour trente lavages. Six salarieÌs ont donc travailleÌ pour produire des masques. Ce fut un changement de notre activiteÌ lieÌ aux circonstances. Notre atelier de couture a donc rouvert trois semaines apreÌs le deÌbut du confinement, avec uniquement les salarieÌs. » ESAT 5 Nous nous sommes adaptĂ©s en modifiant notre production pour pouvoir fabriquer des masques. Nous nâavons pas pu reÌpondre aÌ temps au projet ReÌsilience, qui consistait aÌ fabriquer des masques pour les personnels qui travaillent en contact reÌgulier avec le public, mais nous nous sommes approprieÌ la deÌmarche et avons tout de meÌme pu fabriquer des masques qui correspondent aux normes en vigueur avant le retour des ouvriers. » ESAT 3 41Quand les ESAT urbains devaient faire face Ă une rĂ©duction drastique de la plupart de leurs activitĂ©s, les ESAT ruraux de leur cĂŽtĂ©, en raison dâune orientation majoritairement agricole et agro-alimentaire, ont maintenu leur production, voire mĂȘme, ont vu progresser leurs ventes, profitant de lâengouement de la population pour des produits de proximitĂ© et de qualitĂ© ces ESAT ont des modes de production proches de lâagriculture biologique. Le directeur dâun des ESAT ruraux a constatĂ© une hausse de la demande telle que dans cette peÌriode [lâĂ©tablissement] nâarrivait pas aÌ la satisfaire ». Un autre, qui a Ă©galement vu ses ventes progresser, explique comment lâĂ©tablissement a dĂ» toutefois rĂ©organiser ses circuits de distribution. Les moniteurs ont aussi continueÌ dâassurer la vente de nos produits, mais sous une forme un peu diffeÌrente quâhabituellement puisque nous avons fermeÌ nos magasins de vente. Mais avons pu approvisionner le magasin de producteur. Les volailles ont aussi pu eÌtre vendues aÌ des connaissances. Pendant la peÌriode de confinement, nous avons aussi eu, comme chaque anneÌe, une vente de produits horticoles. Nous nous sommes adapteÌs aÌ la situation et au lieu de permettre aux clients de venir sur le site, nous avons mis en place un drive qui a bien fonctionneÌ. » ESAT 2 et 2 bis Discussion 42Quoique leur rĂŽle soit en gĂ©nĂ©ral trĂšs mal connu, les ESAT, quelle que soit leur localisation apparaissent comme des acteurs Ă©conomiques importants des territoires oĂč ils sont implantĂ©s Zribi, 2012 ; Baret, 2012. Pourvoyeurs dâactivitĂ©s pour les personnes en situation de handicap, ils emploient Ă©galement du personnel dâaccompagnement et dâencadrement 30600 salariĂ©s en 2014 selon le rapport de lâInspection GĂ©nĂ©rale des Finances et lâInspection GĂ©nĂ©rale des Affaires Sociales, 2019, contribuant ainsi aux dynamiques Ă©conomiques et dĂ©mographiques locales. En relation avec des fournisseurs et des clients, quâil sâagisse dâentreprises ou de collectivitĂ©s, ils sâinscrivent dans des rĂ©seaux de partenariat liĂ©s Ă la proximitĂ© gĂ©ographique Courlet, 1989 87 % des ESAT et 75 % des EA travaillent prioritairement avec des clients de leur dĂ©partement Inspection GĂ©nĂ©rale des Finances et Inspection GĂ©nĂ©rale des Affaires Sociales, 2019. Cette statistique souligne le fait que les ESAT sâancrent dans une Ă©conomie et des dynamiques de proximitĂ© Rallet, 2002 ; Gilly et Torre, 2000 et quâils bĂ©nĂ©ficient en temps normal du capital relationnel Maillat, 1995 et organisationnel nĂ©cessaire au maintien de leurs activitĂ©s. 43MĂȘme si tous les ESAT dĂ©clarent avoir perdu une partie de leur clientĂšle, variable selon les secteurs, pendant la pĂ©riode du confinement, ceux situĂ©s en milieu rural semblent avoir rencontrĂ© moins de difficultĂ©s que ceux situĂ©s en milieu urbain Ă retrouver leur niveau dâactivitĂ© antĂ©rieur au confinement. Certes, les ESAT urbains ont pu compter sur la proximitĂ© institutionnelle Gilly et Pecqueur, 2000 pour conserver leurs prestations de service auprĂšs des Ă©tablissements publics du secteur socio-mĂ©dical nettoyage des locaux, blanchisserie. Mais la clientĂšle des entreprises privĂ©es paraĂźt Ă la fois plus volatile et plus fragilisĂ©e elle-mĂȘme par la crise, ainsi quâen tĂ©moignent deux responsables dâĂ©tablissements. Aujourdâhui tout lâenjeu pour nous va eÌtre de faire de la prospection afin de reÌcupeÌrer des marcheÌs et de pouvoir retrouver un niveau dâactiviteÌ satisfaisant pour lâeÌtablissement. » ESAT 3 Nous nâavons pas reÌcupeÌreÌ tous nos clients au deÌconfinement, car certains se sont retrouveÌs en difficulteÌ sur le plan financier. » ESAT 4 44A contrario, en milieu rural, le capital relationnel Maillat, 1995 et la solidaritĂ© territoriale associĂ©s Ă la proximitĂ© gĂ©ographique Rallet, 2002 ; Torre et Rallet, 2005 semblent avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© aux Ă©tablissements locaux qui ont perdu moins de clients, comme lâexpliquait la directrice dâun des ESAT ruraux. Pour notre activiteÌ dâentretien des espaces verts, nous avons des contrats annuels avec des clients et nous avons donc revu leurs factures aÌ la baisse, car nous nâeÌtions pas en mesure de leur assurer cette prestation. Nous avons contacteÌ lâensemble de nos clients professionnels pour leur expliquer notre situation et ils ont eÌteÌ compreÌhensifs. Nous nâavons pas perdu de clients. » ESAT 2 et 2 bis. 45Surtout, a fortement jouĂ© en la faveur des ESAT agricoles, durant le confinement â et le dĂ©confinement â lâengouement des Français pour des produits alimentaires de proximitĂ©, alors parĂ©s de nombreuses vertus symboliques qualitĂ© sanitaire, authenticitĂ©, etc. a fortiori lorsquâils Ă©taient Ă©coulĂ©s par le biais de circuits courts. Ces achats permettaient aussi aux habitants de manifester leur solidaritĂ© Ă lâĂ©gard des petits producteurs locaux durement affectĂ©s par la dĂ©sorganisation des circuits de distribution habituels. Le fait dâavoir une activitĂ© propre et de vendre en direct ses productions Ă une clientĂšle de particuliers, majoritairement locale, de moins dĂ©pendre dâune clientĂšle professionnelle, elle-mĂȘme soumise aux alĂ©as de la conjoncture a permis aux ESAT ruraux de ne pas trop souffrir du contexte. En pĂ©riode de crise, comme lâavait dĂ©jĂ remarquĂ© la directrice dâun des ESAT agricoles, le territoire, compris comme lâagencement de ressources matĂ©rielles et symboliques » selon la dĂ©finition de Bernard Debarbieux 2003 semble donc jouer pleinement son rĂŽle Ă la faveur de la stabilitĂ© Ă©conomique des Ă©tablissements ruraux, ce qui in fine a des rĂ©percussions sur lâĂ©quilibre des travailleurs en situation de handicap. Câest sans doute plus simple pour nous en tant quâESAT agricole que pour des ESAT industriels qui ont peut-eÌtre plus de difficulteÌs. Le fait de faire de la vente directe de produits de proximiteÌ aux particuliers et dâavoir peu de clients professionnels nous permet dâavoir pour les mois de juillet-aoĂ»t un chiffre dâaffaires qui est en leÌgeÌre hausse par rapport aÌ lâanneÌe dernieÌre. Câest ce que nous avions deÌjaÌ remarqueÌ lors de la preÌceÌdente crise eÌconomique. Nous eÌtions moins impacteÌs que les ESAT industriels. Le fait dâavoir une activiteÌ eÌconomique moins impacteÌe par les crises a eÌgalement un impact sur le meÌdico-social. Il nây a rien de pire pour les travailleurs que de ne pas avoir de travail. Le fait de ne pas eÌtre trop impacteÌ par la crise que nous traversons leur permet donc dâeÌtre moins angoisseÌs, plus sereins. » ESAT 2 et 2 bis. 5. Conclusion 9 Journal officiel de la RĂ©publique française. Lois et dĂ©crets, n°36 du 12/02/2005 46Pour favoriser lâinsertion professionnelle des personnes en situation de handicap, la France a mis en place divers dispositifs, dont des structures spĂ©cifiques, les ESAT. Créés par la Loi n° 2005-102 du 11 fĂ©vrier 2005 pour lâĂ©galitĂ© des droits et des chances, la participation et la citoyennetĂ© des personnes handicapĂ©es9, ces Ă©tablissements ont remplacĂ© les anciens Centres dâAide par le Travail CAT. Quâils offrent des activitĂ©s de production industrielle, agricole ou de service, ces Ă©tablissements conjuguent donc une logique Ă©conomique et commerciale de rentabilitĂ© Ă une logique sociale et mĂ©dico-sociale dâaccompagnement. 47Le confinement a conduit, en France, Ă renvoyer chez eux les travailleurs en situation de handicap des ESAT et, de ce fait, Ă un arrĂȘt de la quasi-totalitĂ© de la production de ces Ă©tablissements Ă partir du 16 mars 2020, puis Ă une reprise progressive de leurs activitĂ©s Ă partir du mois de juin. Si tous les ESAT ont, pour remplir, le plus souvent Ă distance, leur mission socio-mĂ©dicale auprĂšs des publics quâils accueillent, adoptĂ© des dĂ©marches similaires, des diffĂ©rences ont Ă©tĂ© observĂ©es en matiĂšre dâimpact Ă©conomique selon la localisation et les activitĂ©s de chaque structure. Compte tenu du confinement, les revenus commerciaux des Ă©tablissements ont Ă©tĂ© parfois durement affectĂ©s au cours de cette pĂ©riode, remettant en cause leur modĂšle de fonctionnement. Dans ce contexte, les ESAT ruraux agricoles ont semblĂ© connaĂźtre moins de difficultĂ©s Ă la reprise. Ils paraissent un peu plus armĂ©s face aux crises, sanitaires et/ou Ă©conomiques, que les ESAT urbains, plus liĂ©s Ă la sous-traitance industrielle. Ceci sâexplique par diffĂ©rents facteurs qui articulent les effets favorables de lâancrage territorial et des relations de proximitĂ© aux caractĂ©ristiques de leurs activitĂ©s une offre de produits alimentaires de qualitĂ©, commercialisĂ©s en circuits courts, qui rĂ©pond aux demandes actuelles du public, une clientĂšle de particuliers ou de collectivitĂ©s locales restauration collective, mais aussi gestion des espaces verts, services de nettoyage et de blanchisserie pour les Ă©tablissements publics communaux, moins exposĂ©e aux alĂ©as Ă©conomiques que les entreprises privĂ©es et, enfin, une application des gestes barriĂšres sensiblement plus simples Ă mettre en pratique du fait dâune activitĂ© qui se pratique le plus souvent en extĂ©rieur. 48Ă partir de novembre 2020, face Ă lâimportance de la deuxiĂšme vague » du virus, un second confinement a Ă©tĂ© mis en place en France. Bien quâil ait Ă©tĂ© moins contraignant que le premier en termes de restrictions des libertĂ©s individuelles que le prĂ©cĂ©dent, les personnes en situation de handicap ont Ă nouveau dĂ» rester chez elles. Cette Ă©preuve supplĂ©mentaire, pouvant ĂȘtre moralement et psychologiquement difficile, rend dâautant plus important le rĂŽle dâaccompagnement des ESAT. Fragilisant encore un peu plus le chiffre dâaffaires, le tissu Ă©conomique, les partenaires, mais Ă©galement le pouvoir dâachat de la clientĂšle, reste Ă savoir comment, dans la durĂ©e, les Ătablissements et Services dâAide par le Travail vont pouvoir sâadapter Ă la longueur de la crise sanitaire et Ă©conomique. 49Au-delĂ de cette situation conjoncturelle, les ESAT doivent faire face Ă de nombreux enjeux, de nature diverse, tels que le vieillissement des travailleurs qui sâaccompagne dâun accroissement de la fatigabilitĂ©, la modification du profil des usagers part croissante des personnes en situation de handicap psychique, accueil de jeunes ayant suivi leur scolaritĂ© dans le milieu ordinaire, les changements de la rĂ©glementation ou les contraintes liĂ©es au mode de calcul du financement public, souvent inadaptĂ© Ă la situation, la mise en place de dispositifs efficients dâaccompagnement vers le milieu ordinaire de travail, la capacitĂ© Ă orienter leur panier dâactivitĂ©s vers des secteurs moins concurrentiels, etc.
âLâassociation Comete qui gĂ©rait le Printemps théùtral en milieu scolaire a Ă©tĂ© contrainte dâabandonner lâĂ©vĂ©nement, nĂ© il y a 34 ans. La cause ? La subvention rĂ©duite des deux-tiers. Les explications de lâadjointe Ă la culture ne passent pas. Le printemps théùtral a permis chaque annĂ©e Ă des centaines de collĂ©giens et lycĂ©ens de travailler l'art dramatique, avec des comĂ©diens professionnels. DR Ă la suite de lâarticle du 8 juillet intitulĂ© Le Printemps Théùtral en question au conseil » â, lâassociation Comete qui gĂšre cet Ă©vĂ©nement se dĂ©clare surprise et choquĂ©e dâapprendre, dans la presse, quâelle met fin, de son propre chef, au Printemps Théùtral de GuĂ©rande. La convention triennale qui garantissait Ă Comete une subvention de 11 000 ⏠arrivait Ă Ă©chĂ©ance en novembre dernier. Mme Lacroix, lâadjointe Ă la culture, nous a proposĂ©, lors dâun rendez-vous, le 24 novembre, dâen signer une nouvelle pour trois ans mais⊠Avec une subvention de 3 500 âŹ. Nous ne pouvions signer cet arrĂȘt de mort des Printemps théùtraux de GuĂ©rande. Lâassociation a alors adressĂ© le 1er dĂ©cembre 2021 une lettre en recommandĂ© au Maire et Ă son adjointe ÌNotre association est profondĂ©ment attristĂ©e, Ă©branlĂ©e, dâapprendre que GuĂ©rande souhaite renoncer Ă son Printemps théùtral, aprĂšs 34 ans dâexistence⊠Lorsque cette manifestation a Ă©tĂ© cofondĂ©e en 1987 avec M. Rabreau, lâun de vos prĂ©dĂ©cesseurs, et Mme Segretain, son adjointe Ă la culture, leur objectif Ă©tait, bien sĂ»r, dây accueillir en prioritĂ© les Ă©lĂšves de la ville dont les effectifs nâont guĂšre changĂ© au fil des annĂ©es. Il sâagissait surtout pour eux de faire de GuĂ©rande le lieu dâexcellence de lâĂ©ducation théùtrale des collĂšges et lycĂ©es du dĂ©partement. Pari tenu ! Recteurs, inspecteurs dâacadĂ©mie⊠ont vite reconnu cette haute spĂ©cialitĂ© guĂ©randaise⊠Des gĂ©nĂ©rations dâĂ©lĂšves⊠expriment la mĂȘme gratitude GuĂ©rande ! Un sĂ©jour Ă©minemment marquant. â Sans rĂ©ponse, ce jour, Ă cette lettre ni courrier, ni rendez-vous, nous en avons dĂ©duit que la ville renonçait, de facto, Ă ce partenariat. Une municipalitĂ© peut certes changer de prioritĂ©s mais nous aurions dĂ» pouvoir en discuter ensemble avec un calendrier rĂ©aliste et raisonnable permettant une projection construite. Ces 34 ans de soutien exemplaire de 7 Ă©quipes municipales successives mĂ©ritaient cependant de remercier la ville de GuĂ©rande, ce que nous avons effectivement fait. â Cependant, lâassociation Comete ne remercie pas Mme Lacroix qui entretient la confusion dans ses propos. AprĂšs toutes ces annĂ©es, nous aurions en effet souhaitĂ© un engagement clair et Ă©crit de la municipalitĂ© devant un renoncement ou une continuitĂ© financiĂšrement viable. Chaque annĂ©e, avec le Printemps théùtral, 200 lycĂ©ens et 200 collĂ©giens de GuĂ©rande et du dĂ©partement, plus leurs professeurs et quelques comĂ©diens professionnels partageaient la prĂ©sentation du fruit de leur travail.
article l 912 1 du code de l éducation