🐇 Pasolini Evangile Selon Saint Matthieu Streaming

Regarderet approfondir « L’évangile selon saint Matthieu » de Pasolini. PubliĂ© le 27 fĂ©vrier 2021. Le centre des arts d’Enghien propose un cinĂ© club virtuel sur cette Ɠuvre magistrale de Pasolini : « L’évangile selon saint Matthieu ». RĂ©alisĂ©par Pier Paolo Pasolini. Avec Enrique Irazoqui, Enzo Siciliano, Susanna Pasolini, Marcello Morante, Ninetto Davoli. JĂ©sus est maintenant adulte et a entrepris de convertir les gens et de prĂȘcher la parole de Dieu. Avec les douze apĂŽtres, il traverse la GalilĂ©e mais est souvent trĂšs mal reçu par le peuple. ArrĂȘtĂ© par les soldats romains, il est condamnĂ© Ă  ĂȘtre crucifiĂ© et Retrouveztous les cinĂ©mas, sĂ©ances et horaires disponibles pour le film L'Evangile selon Saint Matthieu dans le dĂ©partement de Puy-de-DĂŽme. RĂ©servez et achetez votre place de cinĂ©ma MĂ©dĂ©eest moins cĂ©lĂšbre que L’Évangile selon Saint Matthieu, moins provocateur que ThĂ©orĂšme ou Porcherie. La rĂ©trospective Ă  la CinĂ©mathĂšque française et la ressortie de Carlotta permettra de redĂ©couvrir une Ɠuvre d’une grande beautĂ© et l’interprĂ©tation gĂ©niale de Maria Callas qui malgrĂ© sa lĂ©gende personnelle parvient Ă  s’intĂ©grer dans l’univers et le ï»żLEvangile selon saint Matthieu : Les textes saints racontent que JĂ©sus naquit Ă  BethlĂ©em. Sa naissance semblant prĂ©senter un pĂ©ril pour HĂ©rode, celui-ci ordonne que tous les nouveau-nĂ©s OĂčregarder L'Évangile selon saint Matthieu en streaming ? Retrouvez les offres de Netflix, SFR Play, OCS Go et 23+ autres Pier Paolo Pasolini . L'Évangile selon saint Matthieu Unextrait du plus beau film de Pasolini. Recherche. BibliothĂšque. Se connecter. S'inscrire. Regarder en plein Ă©cran. il y a 14 ans . Pasolini - Evangile Selon Saint Matthieu. demoustier. Suivre. il y ConfĂ©rencede Claire Placial (Maitresse de confĂ©rences au dĂ©partement de Lettres de l'UniversitĂ© de Lorraine Ă  Metz), lors de la journĂ©e "JĂ©sus, historique", DePier Paolo Pasolini, Italie, 1964, 2h14, VO Avec Enrique Irazoqui, Margherita Caruso, Susana Paolini, Marcello Morante, Mario Socrate AprĂšs avoir effectuĂ© des repĂ©rages en Palestine en 1963, Pasolini dĂ©cide de tourner son adaptation de l’évangile selon saint Matthieu dans le Mezzorgiono, au sud de l’Italie. OĂčregarder L'Évangile selon saint Matthieu en streaming ? Retrouvez les offres de Netflix, Be TV Go et VRT nu et 6 autres Pier Paolo Pasolini . L'Évangile selon saint Matthieu (1965) Regarder maintenant . Filtres. Meilleur prix . Gratuit . SD . HD . 4K . Streaming in: 🇧đŸ‡Ș Belgique . Location . 2,99€ Achat. 7,99€ Signaler une offre manquante ou incorrecte. Watchlist. Vu. LÉvangile selon Saint Matthieu. Drame 2h16 Réédition. RĂ©alisation : Pier Paolo Pasolini, Susanna Pasolini. Une mise en images de la vie de JĂ©sus, selon l'un des quatre Ă©vangiles. Entre documentaire ritualisĂ© et reportage Ă©vĂ©nementiel. L Ă©vangile selon Saint Matthieu / film de Pier Paolo Pasolini. DVD Pasolini, Pier Paolo (1922-1975). Monteur. EditĂ© par Allerton - 1964 . Objet de paradoxe et d'une grande polĂ©mique Ă  sa sortie, ce film exprime avec une certaine beautĂ© le texte sacrĂ©. Une oeuvre dont le commentaire visuel reste beaucoup plus parlant que les paroles d'Ă©vangile. SuccĂ©dantĂ  Accattone , Mamma Roma et Ă  une poignĂ©e de courts mĂ©trages et documentaires, L’Evangile selon saint Matthieu marque une Ă©tape dĂ©cisive dans la filmographie de Pasolini. Cette adaptation de l’un des textes fondateurs du christianisme entĂ©rine la rupture avec le nĂ©orĂ©alisme ­ que l’on peut pressentir dans les deux LĂ©vangile selon saint Matthieu, streaming, en, entier L’Evangile selon Saint Matthieu torrent dll. Titre original : Il Vangelo secondo Matteo Titre français : L'Évangile selon saint Matthieu RegarderL'Evangile selon Saint Matthieu | 1965 | Film de : Pier Paolo Pasolini | Avec : Enrique Irazoqui, Margherita Caruso, Susanna Pasolini, Marcello Morante | Synopsis : Une 3Xe9NQ6. Commentaires Faut commencer par lequel? Moi aussi j/aimerais en voir quelques un. Reso est demandĂ© Ă  l/accueil Des 4 que j/ai vus, L/Evangile selon Saint Matthieu reste mon prĂ©fĂ©rĂ©. Je n/ai vu que Des oiseaux petits et gros et Salo ou les 120 journĂ©es de Sodome. Je conseille dĂ©jĂ  de ne surtout pas commencer par Salo J/ai dĂ©jĂ  vu Salo, et comment dire ... je pense que j/Ă©tais trop jeune. Mais de toute façon il est sur ma liste de film a revoir, j/ai mĂȘme pas osez le noter. Tiens j'avais pas vu, ben pour commencer je conseillerai Salo si le cĂŽtĂ© jusqu'auboutiste vous intĂ©resse, sinon ça serait clairement par la trilogie de la vie. Et je dĂ©conseillerai l'Ă©vangile, thĂ©orĂšme, mĂ©dĂ©e, la porcherie, oedipe. ThĂ©orĂšme en deuxiĂšme = top 50 pour ma part Je dirais que les meilleures pour commencer sont soi la Trilogie de la vie, le Decameron en particulier, mĂȘme si ces trois films ont extrĂȘmement vieilli esthĂ©tiquement; ou alors un de ses deux premiers films, Accatone ou Mama roma, dans une veine nĂ©orĂ©aliste. Son chef-d'oeuvre, pour moi, est Salo mais il est vraiment hardcore. Mais paradoxalement Salo est assez accessible pour un public averti Goldi 21/12/2010 060632 J'ai commencĂ© par ceux que tu ne prĂ©conisait pas rĂ©so L'Ă©vangile, ThĂ©orĂšme et pourtant j'ai accrochĂ© en moins de deux Salo a suivi et bizarrement j'ai eu plus de mal avec lui Je vais poursuivre ça car pour l'instant, en 3 films, ce Pasolini me plait beaucoup Charger plus de messages L'Evangile selon Saint Matthieu Le cercle de minuit - - 0258 - vidĂ©o AprĂšs la diffusion d'un extrait du film "L'Evangile selon Saint Matthieu" de Pier Paolo PASOLINI, Agostino Paravicini BAGLIANI, historien, et Michel del CASTILLO, Ă©crivain, parlent des raisons du scandale provoquĂ© par la sortie de ce film en Italie l'humanitĂ© essentielle du personnage de JĂ©sus, et le fait que PASOLINI soit homosexuel et maxiste. Producteur / co-producteur France 2 GĂ©nĂ©rique RĂ©alisateur Don Kent Producteur ThĂ©rĂšse Lombard PrĂ©sentateur Laure Adler Participants Michel del Castillo, Agostino Paracivini Bagliani S'orienter dans la galaxie INA Vous ĂȘtes particulier, professionnel des mĂ©dias, enseignant, journaliste... ? DĂ©couvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les rĂ©seaux sociaux, inscrivez-vous Ă  nos newsletters. Suivre l'INA Ă©claire actu Chaque jour, la rĂ©daction vous propose une sĂ©lection de vidĂ©os et des articles Ă©ditorialisĂ©s en rĂ©sonance avec l'actualitĂ© sous toutes ses formes. Date de sortie inconnue Date de reprise 18 Juin 2003 RĂ©alisĂ© par Pier Paolo Pasolini Avec Enrique Irazoqui, Margherita Caruso, Susana Pasolini Film français, italien. Genre Historique, Biopic DurĂ©e 2h 17min. AnnĂ©e de production 1964 Titre original Il Vangelo secondo Matteo DistribuĂ© par Carlotta FilmsSynopsis La vie du Christ selon Saint-Matthieu et Pier Paolo Pasolini. Une reconstitution fidĂšle de l' avis attention ça va ĂȘtre trĂšs vulgaire et je m'en excuse, mais il faut que ça sortePutain de merde, bordel ce film est une putain de merveille, moi qui ne croit pas une seule seconde en dieu, j'ai Ă©tĂ© sublimĂ© dĂšs le premier plan sur Marie, d'une beautĂ©, d'une intensitĂ© rare, mĂȘme inĂ©galĂ© je dirai. La mise en scĂšne ne relĂšve plus du gĂ©nie, mais du divin, Pasolini a trouvĂ© le truc, c'est juste quelque chose de parfait. Chaque plan est une pure merveille. L'Ă©vangile selon Saint Matthieu est ce qu'aucun prĂȘtre n'arrivera jamais Ă  faire intĂ©ressĂ© Ă  la fin de jĂ©sus, cette putain de mise en scĂšne, ces mouvements de camĂ©ras, ces putains de paysages, je n'en reviens toujours pas. Le noir et blanc n'a jamais Ă©tĂ© aussi bien utilisĂ© que pour ce film
 c'est juste une merveille absolue du cinĂ©ma. Impossible de s'ennuyer une seule seconde tant c'est bien rĂ©alisĂ©. Pasolini livre ici un film trĂšs personnel, une merveille
 Il y a beaucoup Ă  analyser je pense sur cette oeuvre, tant le personnage de JĂ©sus devient fascinant et beau. JĂ©sus Ă©tait un homme, un homme au discours provocateur, terrifiant
J'ai chialer dĂšs le premier plan devant la beautĂ© de ce film
 DĂšs le premier plan j'ai su que c'Ă©tait un film immense
ce film ne mĂ©rite pas de note, il est au dessus de tout ça
c'est l'Ă©vangile selon Saint Matthieu
 À l’occasion de la rĂ©trospective consacrĂ©e par le Festival La Rochelle CinĂ©ma Ă  Pier Paolo Pasolini et de la reprise de ses films restaurĂ©s en salle, nous avons rencontrĂ© Alice Letoulat, docteure en Ă©tudes cinĂ©matographiques dont les recherches portent sur les chemins de traverse empruntĂ©s par l’histoire des formes filmiques. Elle a publiĂ© en fĂ©vrier dernier chez Hermann un ouvrage tirĂ© de sa thĂšse, intitulĂ© ArchaĂŻsme et impuretĂ© Les Ă©carts de Pasolini, Paradjanov et Oliveira. Elle y met au jour ce qui Ă  la fois rĂ©unit et singularise ces trois cinĂ©astes une maniĂšre de se ressourcer dans les mythes et les formes du passĂ© pour faire jaillir le ton livre, tu interroges la place accordĂ©e ordinairement Ă  Pasolini dans l’histoire du cinĂ©ma celle d’un cinĂ©aste de la modernitĂ©. Qu’est-ce qui, dans son Ɠuvre, confirme selon toi cette hypothĂšse ou, Ă  l’inverse, inscrit plutĂŽt le cinĂ©aste en marge de cette mouvance ?C’est un moderne d’abord parce qu’il s’est revendiquĂ© comme tel, avec ce fameux vers plus moderne que tous les modernes »[1]Pier Paolo Pasolini, Je suis une force du passĂ© Io sono una forza del passato », dans PoĂ©sie en forme de rose, Paris, Payot & Rivages, 2015.. Il l’est aussi du fait de sa contribution Ă  la littĂ©rature ; en France, on l’a d’abord connu comme un cinĂ©aste, mais en Italie il est surtout cĂ©lĂšbre comme Ă©crivain. Son Ɠuvre littĂ©raire le place dans la modernitĂ©, ne serait-ce que pour son travail sur la langue – il a travaillĂ© par exemple sur le parler local du Frioul, le frioulan ou l’argot de Rome. Il appartient plus gĂ©nĂ©ralement Ă  une nouvelle orientation de la littĂ©rature, davantage tournĂ©e vers les sujets contemporains et sur une Ă©criture qui elle-mĂȘme tend Ă  renouveler les formes classiques. Concernant le cinĂ©ma, sa modernitĂ© rĂ©side en premier lieu dans la singularitĂ© de son approche. Ses premiers films et son travail comme scĂ©nariste s’inscrivent dans l’hĂ©ritage du nĂ©orĂ©alisme italien sans en livrer une pĂąle copie ou une simple rĂ©actualisation. Il investit cet hĂ©ritage pour mieux le dynamiter. C’est Ă©galement perceptible dans ses choix formels, et sans doute liĂ© au fait qu’il n’avait pas de formation de cinĂ©aste Ă  proprement parler il est venu au cinĂ©ma sur le tard et un peu en amateur, du moins au dĂ©but. D’un point de vue thĂ©matique et idĂ©ologique, enfin, la question de la morale et du sexe en particulier en fait un cinĂ©aste clairement du cĂŽtĂ© de la subversion au-delĂ  de la seule question de la modernitĂ©. Pourtant – et je ne suis pas la premiĂšre Ă  le dire –, c’est un cinĂ©aste qu’il est difficile d’enfermer dans les carcans de la modernitĂ©. Certains de ses choix le situent plutĂŽt dans une forme d’archaĂŻsme – il a pu d’ailleurs ĂȘtre qualifiĂ© de rĂ©actionnaire ou de conservateur. Il a reçu une formation trĂšs classique, et fait rĂ©fĂ©rence Ă  des Ɠuvres fondamentales de la littĂ©rature occidentale – et mĂȘme au-delĂ , puisqu’il a adaptĂ© les contes des Mille et Une Nuits –, de l’architecture, de la peinture. Il a choisi d’adapter des textes classiques, repris certaines formes traditionnelles comme la tragĂ©die ; on sent dans ses choix formels, nourris par des rĂ©fĂ©rences d’un autre temps, le poids de ses Ă©tudes d’histoire de l’art. C’est ce mĂ©lange-lĂ , qu’il qualifiait de magma », qui fait sa modernitĂ© tout en limitant son ancrage dans ce territoire de rejoint une autre idĂ©e importante du livre cette dimension d’impuretĂ© dans son Ɠuvre, notamment par sa rupture avec une tradition critique valorisant la puretĂ© de l’expression cinĂ©matographique Ă  travers l’intĂ©gration de ce magma de matĂ©riaux littĂ©raires, picturaux, anthropologiques, est un marqueur qui peut ĂȘtre Ă  la fois du cĂŽtĂ© de la modernitĂ© et du cĂŽtĂ© de l’archaĂŻsme, mais ce qui est intĂ©ressant chez Pasolini c’est que ses rĂ©fĂ©rences picturales ne sont pas nĂ©cessairement les plus courantes Ă  son Ă©poque. Par exemple, dans le film-dans-le-film de La Ricotta, quand le cinĂ©aste jouĂ© par Orson Welles reproduit des dĂ©positions de croix dans des tableaux vivants, il s’agit de tableaux maniĂ©ristes, courant pictural qui, Ă  l’époque, n’était pas pris trĂšs au sĂ©rieux par l’histoire de l’art. Dans le mĂȘme film, on retrouve de maniĂšre plus discrĂšte des rĂ©fĂ©rences picturales antĂ©rieures le Trecento italien, la peinture d’un Giotto ou d’un Fra Angelico, plus humble et dĂ©pouillĂ©e que la grandiloquence des tableaux maniĂ©ristes. Ce goĂ»t pour les rĂ©fĂ©rences mal considĂ©rĂ©es s’exprime Ă©galement dans ses choix musicaux ; en tĂ©moigne la bande son de L’Évangile selon saint Matthieu qui mĂ©lange du Bach, de la musique congolaise, des chants soviĂ©tiques, etc. À travers ces citations, jamais gratuites, il ne met pas seulement en scĂšne L’Évangile mais plus largement les histoires de L’Évangile, sa rĂ©ception religieuse ou idĂ©ologique Ă  travers le temps. C’est un aspect qui se perd un petit peu quand on visionne ses films aujourd’hui puisque ces rĂ©fĂ©rences culturelles sont dĂ©sormais plus valorisĂ©es. Pasolini est sans doute moins subversif qu’il ne le fut de son vivant je ne suis d’ailleurs pas certaine qu’il serait ravi d’apprendre qu’il est au programme de l’agrĂ©gation de lettres cette passĂ© dans le prĂ©sentPour revenir Ă  l’idĂ©e d’archaĂŻsme que tu Ă©voquais tout Ă  l’heure et qui occupe une place importante dans ton ouvrage c’est un terme auquel on associe souvent des connotations pĂ©joratives – poussiĂ©reux, rĂ©actionnaire. Peux-tu expliquer ce choix ?Il est effectivement connotĂ© nĂ©gativement. Un archaĂŻsme au sens premier, c’est-Ă -dire linguistique, dĂ©signe un terme qui n’est plus usitĂ© ; mais il n’existe comme archaĂŻsme qu’à partir du moment oĂč il est employĂ© tout de mĂȘme. Il s’agit donc d’un terme qui n’est plus employĂ©, mais qui survit malgrĂ© tout Ă  de rares occasions dans l’usage de la langue. Lorsqu’on associe archaĂŻque et rĂ©actionnaire on a tort le rĂ©actionnaire veut revenir en arriĂšre, alors qu’un archaĂŻsme c’est prĂ©cisĂ©ment quelque chose du passĂ© qui perdure dans le prĂ©sent. Le travail de Pasolini sur le frioulan, par exemple, relĂšve avant tout d’une volontĂ© de valoriser ce qui se trouve Ă  la marge ; cela ne fait pas de lui un passĂ©iste rĂ©actionnaire. Au contraire c’est ce qui le tire vers la modernitĂ© faire droit Ă  ce qui existe dans le prĂ©sent comme derniĂšre trace du quoi cette notion Ă©lucide-t-elle quelque chose du geste pasolinien ?La notion d’archaĂŻsme permet de rĂ©flĂ©chir par exemple Ă  l’ensemble des mythes que Pasolini a rĂ©guliĂšrement mis en avant dans son cinĂ©ma ce sont des formes d’archaĂŻsme en tant qu’archi-sujets qui continuent de structurer notre monde. Ils sont Ă  la fois ce qui nous fonde et ce qui nous commande ; ce qui nous fonde dirige ce que nous faisons. Comme Paradjanov et Oliveira, Pasolini emploie des formes archaĂŻques qui survivent au sein du contemporain. Chez lui, la frontalitĂ© constitue par exemple un geste singulier elle apparaĂźt trĂšs peu dans le cinĂ©ma classique et, dans le cinĂ©ma moderne, chez quelqu’un comme Godard, elle est convoquĂ©e de maniĂšre critique – le regard camĂ©ra et l’adresse au spectateur de Belmondo dans À bout de souffle. Elle rappelle alors le caractĂšre fabriquĂ© ou artificiel de la fiction cinĂ©matographique. Chez Pasolini, elle n’a pas du tout cette fonction-lĂ  les regards camĂ©ra ont une fonction quasi-documentaire et procĂšdent d’une mise en tableau – c’est une maniĂšre de tirer le portrait » de gens qu’on ne voit jamais, des visages pauvres, anonymes, prolĂ©taires. Cette iconisation est l’un des traits formels les plus caractĂ©ristiques de son cinĂ©ma on reconnaĂźt un film de Pasolini Ă  ces gros plans patients sur des visages qui regardent la camĂ©ra. Cela a donnĂ© lieu Ă  de belles pages chez Didi-Huberman donner figure aux figures, leur laisser le temps de faire trace sur la pellicule et dans le 1968On le perçoit notamment dans ThĂ©orĂšme 1968 avec les champs-contrechamps entre Emilia Laura Betti et la foule des anonymes qui vient admirer la sainte qu’elle est devenue. Il n’y a pas de hiĂ©rarchie entre les gros plans de l’actrice professionnelle et ceux de la vieille dame qui va l’accompagner Ă  la vieille dame, c’est la mĂšre de Pasolini, qui joue aussi la mĂšre de JĂ©sus dans L’Évangile selon saint Matthieu ! Ce qui m’avait plu, quand j’ai dĂ©couvert Mamma Roma, Accattone et L’Évangile Ă  seize ans, c’était ce souffle proche de l’épique couplĂ© Ă  une grande empathie envers des personnages populaires qui n’ont l’air de rien. Ces gens-lĂ  aussi ont droit Ă  l’art, semble nous dire le a-t-il pas malgrĂ© tout une forme de nostalgie face Ă  la disparition des rituels d’autrefois, dont tĂ©moigne le parcours de MĂ©dĂ©e Maria Callas dans le film Ă©ponyme, longuement analysĂ© dans ton livre ?Sans doute, mais Pasolini a conscience que son goĂ»t pour le passĂ©, sa nostalgie, sont construits et artificiels. Ils ne sont pas du tout arc-boutĂ©s sur l’idĂ©e que la sociĂ©tĂ© contemporaine serait pourrie, que c’était mieux avant il a conscience qu’il est nostalgique d’un temps passĂ© qu’il n’a pas connu et qui n’a sĂ»rement jamais existĂ©. Sa nostalgie ne vaut que comme principe, elle lui sert de point de dĂ©part pour faire des films et de la poĂ©sie. Cela ne s’est jamais traduit dans ses choix politiques personnels. C’est quelqu’un qui voulait aimer le temps prĂ©sent il voulait agir politiquement. Mais en mĂȘme temps, il a passĂ© sa vie Ă  ĂȘtre de gauche Ă  une pĂ©riode oĂč la gauche n’a pas forcĂ©ment Ă©tĂ© fidĂšle Ă  ses propres idĂ©es. Il avait une conscience acĂ©rĂ©e de ce que signifiaient les choix politiques qui Ă©taient en train de s’opĂ©rer. Il pressentait que, sous couvert de nouvelles libertĂ©s, le libĂ©ralisme des mƓurs allait s’accompagner d’un libĂ©ralisme Ă©conomique et d’une montĂ©e de l’extrĂȘme le livre, on retient l’idĂ©e d’une inquiĂ©tude de l’uniformisation des mƓurs dont tĂ©moigne le parcours de MĂ©dĂ©e, de la maniĂšre dont un mode de vie bourgeois conduit Ă  une perte des particularismes rĂ©gionaux, des rites et des pratiques la sociĂ©tĂ© de consommation qui Ă©merge Ă  l’époque tend Ă  uniformiser les pratiques et Ă  transformer en archaĂŻsme ce qui ne l’était pas Pasolini a Ă©tĂ© le contemporain de cette transformation. D’oĂč le malentendu autour de certains de ses textes, comme celui sur les CRS de mai 68 – aujourd’hui rĂ©cupĂ©rĂ© par la droite – oĂč il dit qu’il est davantage du cĂŽtĂ© des CRS que de la jeunesse parce qu’il rejette ce qui lui apparaĂźt comme les revendications d’une jeunesse bourgeoise. Mai 68 lui est apparu comme une rĂ©volution bourgeoise qui s’est faite au dĂ©triment de la rĂ©volution prolĂ©taire. Cela ne veut pas dire qu’il soutient sans rĂ©serve la violence des CRS. Sa position contre l’avortement est Ă©galement trĂšs contestable mais s’explique en partie du moins par sa volontĂ© de dĂ©fendre un autre moyen de contrĂŽle des naissances, Ă  savoir la contraception. Mais Ă  mon avis ses textes polĂ©miques Ă©taient avant tout pensĂ©s pour contribuer Ă  un dĂ©bat d’idĂ©es, pas Ă  un dĂ©bat d’actions Ă  proprement collectifs, rĂ©cits fondateursEn revoyant ses films aujourd’hui, on a le sentiment que plusieurs forces contradictoires s’y opposent l’ampleur des rĂ©cits mythiques de l’ordre de la richesse de la narration, leur interruption par de longs interludes descriptifs qui dilatent le rĂ©cit, et un montage trĂšs rapide, heurtĂ©, avec beaucoup de plans. À la fois il y a une gourmandise du rĂ©cit et en mĂȘme temps, on l’interrompt pour enregistrer des fragments quasi-documentaires ; et, mĂȘme dans ces fragments, le montage dĂ©truit l’intĂ©gritĂ© de la sĂ©quence dans son temps long et ajoute des Ă©lĂ©ments extradiĂ©gĂ©tiques comme la musique dont nous parlions tout Ă  l’heureSur le rapport au rĂ©cit, il y a trĂšs archaĂŻquement chez Pasolini un goĂ»t de la narration, mais pas forcĂ©ment du contenu du rĂ©cit lui-mĂȘme qui peut ĂȘtre assez interchangeable. Ce que les rĂ©cits qu’il choisit de mettre en scĂšne – ƒdipe, MĂ©dĂ©e, Les Mille et Une Nuits – ont en commun, c’est d’avoir essaimĂ©, d’avoir fondĂ© des sociĂ©tĂ©s et de faire communautĂ© dans le prĂ©sent quand ils sont Ă  nouveau racontĂ©s. On sent particuliĂšrement ce goĂ»t de la narration pour elle-mĂȘme dans La Trilogie de la vie, oĂč il choisit trois textes qui ont pour particularitĂ© d’ĂȘtre des rĂ©cits enchĂąssĂ©s le rĂ©cit principal sert de prĂ©texte au dĂ©ploiement de cent micro-rĂ©cits. Ce sont des films sur le plaisir de raconter. On retrouve la mĂȘme chose dans le rĂ©cit de Chiron au dĂ©but de MĂ©dĂ©e peu importe ce qu’il explique, ce qui compte, c’est de montrer Jason enfant dans une situation d’écoute. Son grand tort sera d’oublier ce que ces rĂ©cits avaient Ă  lui apprendre, c’est-Ă -dire moins leur contenu que le fait de nouer une communautĂ© et de fonder ses actions autour d’eux. Le rĂ©cit est collectif et fondateur ; il vaut en lui-mĂȘme plutĂŽt que pour ce qu’il raconte. Il n’y a d’ailleurs pas forcĂ©ment d’acmĂ© narrative dans les films de Pasolini il ne met pas particuliĂšrement l’accent par exemple sur la crucifixion de JĂ©sus dans L’Évangile selon saint Matthieu. Il insĂšre les Ă©vĂ©nements qui font avancer l’action dans un continuum, dans une durĂ©e. On le remarque dans la maniĂšre dont il donne Ă  voir le rituel de Colchide au dĂ©but de MĂ©dĂ©e il dilate le rĂ©cit en ne mettant jamais l’accent sur un point prĂ©cis de l’action, tout en contractant en seize minutes la durĂ©e d’un rituel qui dure en rĂ©alitĂ© plusieurs 1969Il y a une analyse assez puissante dans ton livre celle de la fin de ThĂ©orĂšme avec ce personnage d’Emilia qui choisit de s’enterrer dans ce dĂ©cor d’immeubles modernes pour faire jaillir une source. J’avais l’impression en te lisant que ce geste du personnage disait quelque chose du geste pasolinien de faire rejaillir l’archaĂŻque au cƓur du on resĂšme les graines d’un archaĂŻsme qui vont permettre une rĂ©gĂ©nĂ©ration. C’est son credo ; que certains aspects du passĂ© pourront permettre de faire jaillir un vĂ©ritable renouveau. Sa mĂ©thode de travail en rend compte Carnet de notes pour une Orestie africaine 1970 est un tĂ©moignage trĂšs intĂ©ressant de la maniĂšre dont il procĂšde. C’est un film qui n’existe pas, qu’il n’a jamais pu tourner ; il ne reste que le film d’un film Ă  faire, dont le tournage n’a pas eu lieu. C’est le brouillon d’un film tirĂ© de L’Orestie d’Eschyle. Pasolini cherche la maniĂšre dont il va bien pouvoir adapter » ce texte il a l’idĂ©e de dĂ©placer gĂ©ographiquement et temporellement le texte de la GrĂšce antique Ă  l’Afrique postcoloniale et confronte ses idĂ©es non seulement Ă  des gens – des Ă©tudiant africains, notamment, qui d’ailleurs ne sont pas du tout d’accord avec lui ! –, mais aussi Ă  des formes, Ă  des images qu’il tourne sur place. Comment tel Ă©vĂ©nement dĂ©crit dans le texte grec peut-il faire image dans un film du XXe siĂšcle se dĂ©roulant dans un pays d’Afrique Ă  la fin des annĂ©es 1960 ? Il assiste Ă  des Ă©vĂ©nements qui ont un sens prĂ©cis pour leurs protagonistes – par exemple un mariage – et se demande comment les plans qu’il a tournĂ©s peuvent faire image pour un autre Ă©vĂ©nement, dĂ©crit dans la piĂšce d’Eschyle. Cette question de la transposition, autant d’un point de vue gĂ©ographique qu’historique et formel, est assez symptomatique de ses pratiques il s’agit d’un texte dont il cherche Ă  identifier l’actualitĂ©. Cela se manifeste aussi par ce casting auquel on assiste en direct, avec un montage de gros plans sur des visages dont on ne sait pas grand-chose, saisis avec des camĂ©ras lĂ©gĂšres trĂšs rĂ©centes, et le commentaire off de Pasolini qui se demande si telle personne ne pourrait pas jouer Oreste ou tel personnage du conclus ton ouvrage en citant une image emblĂ©matique celle de la fin d’ƒdipe Roi 1967.Je trouve que c’est l’une des images qui permet le mieux de rĂ©sumer le trajet de Pasolini, Ă  l’échelle de sa filmographie et de l’histoire du cinĂ©ma il est celui qui n’a jamais Ă©tĂ© de son temps et qui, dans le mĂȘme temps, a portĂ© le regard le plus juste sur son Ă©poque. À la fin du film, ƒdipe est adulte, il a l’ñge de Pasolini et erre les yeux crevĂ©s dans les rues des annĂ©es 1960 Ă  Bologne. L’image de l’aveugle qui voit mieux que les autres, celle de l’artiste maudit par excellence, renvoie naturellement Ă  Pasolini lui-mĂȘme. Il est le contemporain d’un monde qu’il ne peut voir qu’en images, images qu’il crĂ©e lui-mĂȘme Ă  dĂ©faut de pouvoir regarder ce monde en face.

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